POUR LE JOUR DE L EPIPIANIE
yidimusUellamejusin Oriente, etvennus adorareemn.
Nous avons vu son étoile en Orient , et dus sommes venus l'adorer. Matth. ir,2.)
La vérité , cette lumière du ciel figurée par létoile qui paraît aujourd'hui aux mges, est la seule chose ici-bas qui soit digne des sens et des recherches de l'homme. Elle seule est lalumière de notre esprit , la règle de notre cœur, Irsource des vTais plaisirs, le fondement de nos esprances, la conso-
DE xNOTRE-SEIGNEUR.
lation de nos craintes , l'adoucissement de nos maux, le remède de toutes nos peines : elle seule est la reslource de la bonne conscience , la terreur de la mauvaise,, la peine secrète du vice, le récompense intérieure de la vertu : elle seule immortalise ceux qui l'ont aimée , illustre les chaînes de ceux qui souffrent pour elle, attire des honneurs publics aux cendres de ses martyrs et de ses défenseurs , et rend respectables l'abjection et la pauvreté de ceux qui ont tout quitté pour la suivre : enfin elle seule inspire des pensées magnanimes , forme des hommes héroïques , des âmes dont le monde n'est pas digne , des sages seuls dignes de ce nom. Tous nos soins devraient donc se borner à la connaître, tous nos talents à la manifester, tout notre zèle à la défendre; nous ne devrions donc chercher dans les hommes que la vérité , ne vouloir leur plaire que par la vérité , n'estimer en eux que la vérité, et ne souffrir qu'ils voulussent nous plaire que par elle : en un mot, il semble donc qu'il devrait suffire qu'elle se montrât à nous, comme aujourd'hui aux mages, pour se faire aimer, et qu'elle nous montrât à nous-mêmes pour nous apprendre à nous connaître.
Cependant il est étonnant combien la même vérité montrée aux hommes fait en eux d'impressions différentes. Pour les uns c'est une lumière qui les éclaire, qui les délivre, qui leur rend le devoir aimable en le leur montrant; aux autres, c'est une lumière importune et comme un éblouissement , qui les attriste et qui les gêne ; enfin , à plusieurs , un nuage épais qui les irrite, qui arme leur fureur et qui achève de les aveugler. C'est la même étoile qui paraît aujourd'hui dans le firmament : les mages la voient; les prêtres de .lérusalem savent qu'elle est prédite dans les prophètes; Hérode ne peut plus douter qu'elle n'ait paru, puisque des hommes sages viennent des extrémités de l'Orient chercher, à la faveur de sa lumière, le nouveau roi des Juifs. Cependant, qu'ils offrent des dispositions peu semblables à la même vérité qui se manifeste en eux !
Dans les mages, elle trouve un cœur docile et sincère; dans les prêtres , un cœur double, timide, lâche, dissimulé; dans Hérode, un cœur endurci et corrompu. Aussi dans les mages elle forme des adorateurs, dans les prêtres des dissimulateurs, dans Hérode un persécuteur. Or, mes frères, telle est encore aujourd'hui parmi nous la destinée de la vérité : c'est une lumière céleste qui se montre à tous, dit saint Augustin, omnibus praesto es^; mais peu la reçoivent , beaucoup la cachent et la déguisent, encore plus la méprisent et la persécutent. Elle se montre à tous, mais combien d'âmes indociles qui la rejettent? combien de cœurs lâches et timides qui
la dissimulent? combien de cœurs nous et endurcis qui l'oppriment et qui la persécutent ? Recueillons ces trois caractères marqués dans notre Évangile , et qui vont nous instruire de tous nos devoirs envers la vérité : la vérité reçue, la vérité dissimulée, la vérité persécutée. Esprit saint, Esprit de vérité, anéantissez en nous l'esprit du monde , cet esprit d'erreur, de dissimulation , de haine de la vérité , et dans ce lieu saint, destiné à former des ministres qui w»nt l'annoncer jusqu'aux extrémités de la terre {/es missions étrangères), rendez-nous dignes d'aimer la vérité , de la manifester à ceux qui l'ignorent , et de tout souffrir pour elle. Implorons , etc. Jvf^ Maria.