‹ ŒuvresChapitre 58 sur 264 · SUR LA · texte numérisé non relu

SUR LA

«îarer pour ce dernier ; vous allez prononcer qu'il est plus grand, plus aimable, plus digne d'être servi que votre Dieu. O Dieu! quel outrage fait à votre gloire ! vous que tout partage même blesse ; vous que toute égalité même d'amour et d'hommages insuite!

En effet , mes frères , tout ce qui peut rendre un mépris criminel se trouve dans celui-ci. Ce ne sera pas un choix aveugle, et qui puisse trouver son excuse dans l'ignorance : vous avez vu , vous avez connu, vous avez essayé des deux partis. Ce ne sera pas un choix indifférent, et où l'on puisse alléguer la surprise : ah! vous étiez instruit, et de votre propre faiblesse , et du péril des occasions , et une malheureuse expérience ne vous avait rendu que trop habile là-dessus. EnGn, ce ne sera point un choix tranquille, sans remords, sans le cri secret de la conscience , comme lorsque vous tombiez avant votre pénitence. Ah ! vous frémirez avant que de passer outre; votre cœur s'y refusera presque luimême ; le souvenir de la grâce que vous aviez reçue dans votre réconciliation , et que vous aurez indignement profanée , ne se présentera à vous qu'avec mille frayeurs secrètes.

Et c'est ce que saint Cyprien reprochait autrefois aux fidèles qui avaient eu le malheur de retomber dans l'idolâtrie durant la persécution. Avant votre régénération en Jésus-Christ , mes chers frères , leur disait-il , vous offensiez un Dieu que vous n'aviez jamais connu ; vous adoriez vos idoles sans remords; et cette funeste sécurité pouvait diminuer aux yeux de Dieu l'horreur de vos hommages : mais lorsque ébranlés par les menaces du tyran , vous avez été conduits au Capitole, et qu'il a fallu approcher de l'autel sacrilège : Quando ad Capitoiium ventum est (Cypb. de Laps.) ; ah ! frappés du souvenir de la grâce , qui depuis peu vous avait appelés à la lumière de l'Évangile , et retirés des dérèglements de vos premières moeurs : saisis de l'énormité d'une apostasie qui allait rendre inutiles tous les travaux de votre pénitence, et tous les dons que vous aviez reçus avec la foi en Jésus-Christ, vos pas ont commencé à chanceler, labavit gressus ; vos regards , à se troubler, caligavit aspectus; vos entrailles, à se soulever, tremuerunt viscera; vos mains, à retomber sous leur propre poids, et à se refuser au détestable ministère des ensencements, brachia conciderunt ; votre langue tremblante , sur le point de renoncer à Jésus-Christ, s'est arrêtée, et n'a prononcé qu'avec peine les paroles de blasphèmes, lingua hxsit ; en un mot, on vous a vus approcher de l'autel, où l'on vous conduisait pour immoler aux idoles, tremblants, abattus, comme

HASSILLON. — TOME I. - -

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