‹ ŒuvresChapitre 164 sur 302 · DES FEMMES. SCÈNE I · texte numérisé non relu

DES FEMMES. SCÈNE I

UR ANIE

Ce langage est à la mode, et l'on le tourne en plaisanterie à la cour.

ÉLISE

Tant pis pour ceux qui le font , et qui se tuent tout le jour à parler ce jargon obscur. La belle chose de faire entrer aux conversations du Louvre de vieilles équivoques ramassées parmi les boues des halles et de la place Maubert! La jolie façon de plaisanter pour des courtisans! et qu'un homme montre d'esprit lorsqu'il vient vous dire : Madame, vous êtes dans la Place-Royale, et tout le monde vous voit de trois lieues de Paris, car chacun vous voit de bon œil! à cause que Bonneuilest un village à trois lieues d'ici. Cela n'est-fl pas bien galant et bien spirituel ? Et ceux qui trouvent ces belles rencontres n'ont-ils pas lieu de s'en glorifier ?

UllASlE.

On ne dit pas cela aussi comme une chose spirituelle ; et la plupart de ceux qui affectent ce langage savent bien eux-mêmes qu'il est ridicule.

ÉLISE

Tant pis encore de prendre peine à dire des sottises, et d'être mauvais plaisants de dessein formé, Je les en tiens moins excusables; et si j'en étois juge , je sais bien à quoi je condamnerons tous ces messieurs les turlupins.

un ANIE, Laissons cette matière qui t'éehauffeun peu trop,

Moîiùre. 2. 20

et disons que Dorante vient bien tard, à mon avis, pour le souper que nous devons faire ensemble.

ÉLISE

Peut-être la-t-il oublié, et que...

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