‹ ŒuvresChapitre 200 sur 302 · LA CHANGE · texte numérisé non relu

LA CHANGE

(( Point du tout , c'est toi qu'il épargne ^ et nous « trouverons d'autres juges. », m o l 1 È RE,

« Soit.. Mais dis-moi, chevalier, crois-tu pas « que ton Molière est épuisé maintenant, et qu'il « ne trouvera plus de matière pour. . . .? »

BRÉCOURT

« Plus de matière ! Hé ! mon pauvre marquis K « nous Lui en fournirons toujours assez; et nous ne « prenons guère le chemin de nous rendre sages, a pour tout ce qu'il fait et tout ce qu'il dit. »

MOLIÈRE

Attendez. Il faut marquer davantage tout cet endroit. Écoutez-le-moi dire un peu. ... « et qu'il « ne trouvera plus de matière poui\ . . . Plus de « matière ! Hé î mon pauvre marquis , i%ous lui e$

3io L'IMPROMPTU DE VERSAILLES.

« fournirons toujours assez ; et nous ne prenons « guère le chemin de nous rendre sages , pour tout « ce qu'il fait et tout ce qu'il dit. Crois-tu qu'il ait te épuisé dans ses comédies tout le ridicule des <c hommes? Eh! sans sortir de la cour, n'a-t-il pas « encore vingt caractères de gens où il n'a point « touché? N'a-t-il pas, par exemple, ceux qui se <c font les plus grandes amitiés du monde , et qui f <c le dos tourné , font galanterie de se déchirer <c l'un l'autre? N'a-t-il pas ces adulateurs à outrance, <c ces flatteurs insipides qui n'assaisonnent d'aucun <( sel les louanges qu'ils donnent, et dont toutes « les flatteries ont une douceur fade qui fait mal « au cœur à ceux qui les écoutent ? N'a-t-il pas ce$ <( lâches courtisans de la faveur, ces perfides ado- .« rateurs de la fortune , qui vous encensent dan§ <( la prospérité, et vous aceahlent dans la disgrâce? « N'a-t-il pas ceux quj sont toujours mécontents <c de la cour, ces suivants inutiles, ces incommodes « assidus , ces gens , dis-je , qui , pour services , ne u peuvent compter que des importunités , et qui .(( veulent qu'on les récompense d'avoir obsédé le «prince dix ans durant ? N'a-t-il pas ceux qui « caressent également tout le monde , qui proie mènent leurs civilités à droite et à gauche , et « courent à tous ceux qu'ils voient avec les mêmes « embrassades et les mêmes protestations d'amir <( tiés ? Monsieur , votre très humble serviteur, k Monsieur, je suis tout à votre service. Tenezn moi des vôtres, mon cher. Faites état de moi!

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