SCÈNE il I. 3ii
c< monsieur , comme du plus chaud de vos amis. « Monsieur, je suis ravi de vous embrasser. Ali! « monsieur, je ne vous voyois pas. Faites-moi la « grâce de m'employer ; soyez persuadé que je suis « entièrement à vous. Vous êtes l'homme du monde « que je révère le plus. Il n'y a personne que « j'honore à l'égal de vous. Je vous conjure de le « croire. Je vous supplie de n'en point douter. « Serviteur. Très humble valet. Va , va , marquis , « Molière aura toujours plus de sujets qu'il n'en « voudra; et tout ce qu'il a touché jusqu'ici n'est « rien que bagatelle au prix de ce qui reste. » Voilà à peu près comme cela doit être joué.
BRÉCOURT
C'est assez.
MOLIÈRE
Poursuivez.
' BRÉCOURT
« Voici Climène et Élise. »
MOLIÈRE
( à mesdemoiselles du Parc et JMollère. ) Là-dessus, vous arriverez toutes deux.
( à mademoiselle du Parc. ) Prenez bien garde , vous , à vous déhancher comme il faut et à faire bien des façons. Cela vous contraindra un peu; mais qu'y faire? Il faut parfois se faire violence.
MADEMOISELLE MOLIÈRE
« Certes, madame, je vous ai reconnue de loinj
à et j'ai bien vu, à votre air, que ce ne pouvoit s « être une autre que vous. »
MADEMOISELLE DU PARC
« Vous voyez, je viens attendre ici la sortie d'un a liomme avec qui j'ai une affaire à démêler. »
MADEMOISELLE MOLIERE
« Et moi de même. »
MOLIÈRE
Mesdames, voilà des coffres qui vous serviront de fauteuils.
MADEMOISELLE DU PARC
«Allons , madame , prenez place , s'il vous plaît.»
MADEMOISELLE MOLIERE
« Après vous, madame. »
MOLIÈRE
Bon. Après ces petites cérémonies muettes, chacun prendra place, et parlera assis, hors les marquis, qui tantôt se lèveront et tantôt s'asseoiront, suivant leur inquiétude naturelle. « Parbleu! che- « valier, tu devrois faire prendre médecine à tes a canons. »
BRÉCOURT
« Comment? »
MOLIÈRE
« Ils se portent fort mal. »
BRÉCOURT.'
j « Serviteur à la turlupinade. »
MADEMOISELLE MOLIÈRE
« Mon dieu ! madame , que je vous trouve le teint