‹ ŒuvresChapitre 62 sur 84 · DE LA SUPERSTITION · texte numérisé non relu

DE LA SUPERSTITION

Xja superstition semble n'être autre cbose qu'une crainte mal réglée de la divinité. Un homme superstitieux, après avoir layé ses mains , s'être purifié avec de l'eau lustrale (2) , sort du temple , et se promène une grande partie du jour avec une feuille de laurier dans sa bouche. S'il voit une belette, il s'arrête tout court; et il ne continue pas de marcher, que quelqu'un n'ait passé avant lui par le même endroit que cet animal a traversé ou qu'il n'ait jeté lui-même trois petites pierres dans le chemin , comme pour éloigner de lui ce mauvais présage. En quelque endroit de sa maison qu'il ait aperçu un serpent , il ne diffère pas d'y élever un autel : et dès qu'il remarque dans les carrefours de ces pierres que la dévotion du peuple y a consacrées , il s'en approche , verse dessus toute l'huile de sa fiole , plie les genoux devant elles, et les adore. Si un rat lui a rongé un sac de farine , il court au devin , qui ne manque pas de lui enjoindre d'y faire mettre une pièce : mais bien loin d^étre satisfait de sa réponse , effrayé d'une aventure si extraordinaire , il n'ose plus se servir de son sac , et s'en défait. Son faible encore est de purifier sans fin la maison

(i) Les Grecs rëcitaîent à table qaelqaes beaux endroits de leurs poètes , «t dansaient ensemble après le repas. Voy. le chap. du covtre-temps.

(3) Une eau oii Ton avait éteint un tison ardent pris sur Pautel où Ton brû>. lait la victime : elle e'tait dans une chaudière à la porte da temple : l'on s'en lavait soi-même , ou Pou s*en faisait laver par les prêtres.

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