‹ ŒuvresChapitre 15 sur 136 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

lés; ils prièrent celui qui leur faisoit voir la grotte de réserver ce plaisir pour le bourgeois ou pour FÂllemand, et de les placer en quelque coin où ils fussent à couvert de leau. Us furent traités comme ils souhaitoient. Quand leur conducteur les eut quittés, ils s'assirent à lentour de Polypfaile^ qui prit son cahier; et, ayant toussé pour se nettoyer la voix, il commença par ces vers :

Le dieu qu'on nomme Amour n'est pas exempt d'aimer:

A son flambeau quelquefois il se brûle; Et si ses traits ont eu la force d'entamer Les cœurs de Pluton et d'Hercule, Il n'est pas inconvénient Qu'étant aveugle, étourdi, téméraire,

Il se blesse en les maniant; Je n'y vois rien qui ne se puisse faire :

Témoin Psyché, dont je vous veux conter La gloire et les malheurs, chantés par Apulée. Cela vaut bien la peine d'écouter ;^ L'aventure en est signalée.

Polyphile toussa encore une fois après cet exorde; puis, chacun s étant préparé de nouveau pour lui donner plus d'attention, il commença ainsi son histoire :

Lorsque les villes de la Grèce étoient encore soumises à des rois, il y en eut un qui, régnant avec beaucoup de bonheur, se vit non seulement aimé de son peuple, mais aussi recherché de tous ses voisins. G'étoît à qui gagneroit son amitié;

c'étoit ^ qui vivroit avec lui dans une parfaite correspondance j ^t cel^, parcequll avqit trois filles à marier, Tputes trois étoiept plus consi* dér^ble^ par leurs attraits que par les états de leur père. Les à^eux aînées eussent pu passer pour les plus belles filles du uionde, si eUes n eusr sent point qu de cadette i maisi véritablement cette cadette leur uuisoit fort. ^Ues n avoi^ut que œ défaut-là: défaut qui étoit grand, à n'en point mentir; car Psyché (c'ert ainsi que leur jeune sœur s'appelait), Psyché, dis-je, possédoit tous les appas que l'imagination peut se figurer, et ceux où l'imagination même ne peut atteindre. Je ne m'amuserai point à chercher des comparaisons jusque dans les astres pour vous la représenter assez dignement: c'étoit quelque chose audessus de tout cela, et qui ne se sauroit exprimer par les lis, les roses, l'ivoire, ni le corail. Elle étoit telle enfin que le meilleui;' poète auroit de la peine à en faire une pareille. En cet état, il ne se faut pas étouuer si la reine de Çythère ea devii^l jalouse. Cette déessç ^ppréheA4Qit, Qt ^qji sau9 r^ sou, qu'iHie lui falli^t renoncer à l'empire d<ç la beauté, et que Psyché ne la détrônât : çai', comme pu est tpujours amoureux des choses nouyeHes, chacun couroit à cette nouyelle Véuus. Gythérée se voyqit réduite aux seules îles de son 4Qmaine ; encprç uu^bonne pa^^ie 4p3. Ai^^owsi» wci^usî feâr bitaojte de ces. îles bi^aheu^e^s^, 1^ qujittpteut4ls

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