‹ ŒuvresChapitre 22 sur 136 · LIVRE I. 5i · texte numérisé non relu

LIVRE I. 5i

d'abord quelque résistance, et puis leur abandonna toute sa personne. Au sortir du bain, on la revêtit d'habits nuptiaux: je laisse à penser quels ils pouvoient être, et si Ion y avoit épargné les diamants et les pierreries ; il est vrai que c'étoit ouvrage de fée, lequel d ordinaire ne coûte rien. Ce ne fîit pas une petite joie pour Psyché de Sie voir si brave, et de se r^arder dans les miroirs dont le cabinet étpit plein,

, Gepeiidant gi^ avoit i^is le couvert dans la salle la plus prochaine. Il y fut^ervi de lambrosie en toutes les sortes. Quant au. p^ctar, les Amours eu furent les échansoqs. Psychq mangea peu. Après IC] repas,, une musique de luths et de voix se fit entendre à Tun. des coins du plafond, sans qu'on vît ni phantres ni instruments ; musique aussji douce et au^i charmante que si Orphée et Amphion en eussent été les conducteurs. Parmi les airs qui fu^ rent chantés, il y en eut un qui plut particulièremeQt à Psyché* Je vais vous en dire les paroles, que j'ai mises en notr^ langue au mieux que j'ai pio. .

Tout Tùnivers obéit à rAmoiir;

Belle Psyché, soumettez-lni votre ame.

Les autres dieux à ce dieu foot la cour, •

Et leur pouvoir est moius doux que sa flamme.

Des jeunes cœurs c'est le suprême bien ;

Aimez, aimez; tout le reste n'est rien.

Sans cet Atnôur, tant d'objets ravissants, Lambris dofës , "bois, jardins, et fontaines ,

NWt point d'appas qui ne ^ent languissants, £t leurs plaisirs sont moins doux que ses peines* Des jeunes cœurs c'est le suprême bien :

Aimez , aimez ; tout le reste n'est rien.

Dès que la musique eut cessé, on dit à Psyché qu'il étoit temps de se reposer. Il lui prit alors une petite inquiétude, accompagnée de crainte, et telle que les filles L'ont d'ordinaire le jour de leurs noces, sans savoir pourquoi. La belle fit toutefois ce que Ton voulut. On la met au lit, et on se retire. Un moment après, celui ^ui en devoit être le possesseur arriva, et s'approcha d'elle. On n'a jamais su ce qu'ils se dirent, ni même d'autres circonstances bien plus importantes que cellelà : seulement a-t-on remarqué que le lendemain les nymphes rioient entre elles, et que Psyché roùgissoit en les voyant rire. La belle ne s'en mit pas fort en peine , et n'en parut pas plus triste qu'à l'ordinaire.

Pour revenir à la première nuit de ses noces, la seule chose qui l'embarrassoit étoit que son mari Tavoit quittée devant qu'il fût jour, et lui avoit dit que pour beaucoup de raisons il ne vouloit pas être connu d'elle, et qu'il la prioit de renoncer à la curiosité de le voir. Ce fut ce qui lui en donna davantage. Quelles peuvent être ces raisons? disoit en soi-même la jeune épouse; et pourquoi se cache-t-il avec tant de soin? Assurément l'oracle nous a dit vrai,. quand il nous l'a peint comme

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