LIVRE IL i3i
celui que j ai offensé les circonstances de mon tré-, pas, mais ne les raconté point aux personnes dont je tiens le jour. Tu vois dans ta course des misérables , dis-moi, y en a-t-il un de qui Finfortune ne soit légère au prix de la mienne? Rochers élevés, qiii serviez naguère de fondements à un palais dont j'étôis maîtresse, qui auroit dit que la nature vous ieût formés pour me servir maintenant à un usage si différent?
A ces mots elle regarda encore le précipice ; et en même temps la mort se montra à elle sbus là forme la plus affreuse. Plusieurs fois elle voulut s'élancer, plusieurs fois aussi un sentiment naturel l'eii empêcha. Quelles sont, dit-elle, mes destiiiées! J'ai quelque beauté, je suis jeune; il n'y a qu'un moment que je possédois le plus agi*éable de tous les dieux, et je vas mourir! Je me vas moi-même donner la mort! Faut-il que l'aurore ne se lève plus pour Psyché! Quoi! voilà les derniers instants qui me sont donnés par les Pai*ques! Encore si ma nourrice me fermoit les yeux! si je nétois point privée de la sépulture!
Ces irrésolutions et ces retours vers la vie , qui font la peine de ceux qui meurent, et dont les plus désespérés ne sont pas exempts, entretinrent un chiel combat dans le cœur de notre héroïne. Douce lumière, s'écria-t-elle, qu'il est difficile de te quitter! Hélas! en quels lieux irai-je quand je me serai bannie moi-même de ta présence? Chari*-
i3i LES AMOURS DE PSYCHÉ, tables filles d enfer, aidea^mol à rompre les nœuds qm m attachent; venez, ven«z me représenter ce que j'ai perdu.
Alors elle se recueillit en elle-même; et iWag^e de son malheur, étouffant enfin ee t^este d'amouï' pont la vie^ l'obligea d^é s'élancer avec tant de promptitude et dïe violence^ que le Zéphyre, qui Tobservôit, et qui avoit ordre de l'enlever quand le comble du désespoir lauroit amenée à ce point, ti'eut presque pas \e loisir d'y apporter le remède. Psyché û'étoit plus, s'il eût attendu encore un moment. U la retira du gouffre, et lui faisant prandre un autre chemin dabs les airs que celui qu'elle avoit ohoièi, il 1 éloigna de ces lieux Ai^ nestes, et l'alla poser avec ^es habits èv^ le bord totun fleuve dont la rive ^ extraordinairement haute et fort escarpée ^ pouvoit paà9er pour un précipice encoite plus horrible que le premier.
€'es« rordiùairé des malheureux d'interpréter toutes choses atnistremeut. E^yché se iMit eb l'esk |i>rit qwe K>n époux, outré de re.^sentiment , ne Ta-voit fait transporter ^r le bord d'un fleuve qfu'afiu Kju'eUe se noyât ; œ igmte de mort étant pk$ caipabie de le sâtrsfâire qnè l'autre , pat cîe(ju'il ét»it plttsiént^ <et par côUd^eM plu^ crud : peut^»è mètÊke !àe Moit^i pas qu'elle souÛIIr: de sat^ «^ rbdiers. ^voit^ette ^ «ron mari ne \m avoit |H>iul de^lMé^ à wi usa^e toult opposé ? C!e pôUVôk être une retfiftiie amottrëtt^-, «rit l'itifUM de Oypti» ,