LIVRE II
4|iie leurs ioclioalioDs soat bonnes^ et que Texem-» pie et h» leçons de leur mère ont trouvé en ell^ des sujets déjà disposés à la vertu. La cadette ne voua a*t*eUe point semblé un peu libre?
'- Ce n est que gaieté et jeunesse, reprit Psyché: elle n'aime pas moins la gloire que son akiée. Ij'âge lui donnera de la retenue : la lecture lui en auroit d^a donné, si ious y aviez consenti. Au reste, servez*voQs des diamants qui sont sur Tha-^ •bit que j'ai laissé à vos filles : cela vous aidera peutêtre à les marier. Non que leur beauté ne soit une dot plus que suffisante ; mais vous savez aussi bien £pie moi que quand la beauté est riche, elle est de moitié plus belles
Le vieillard eut trop de fierté pour un philosophe. Il ne se voulut charger de lliabit qu a condition de n y point toucher. Dès le même jour tous quatre partirent de ce désert.
Quand ils eurent passé la ravine et le petit sentie* bordé de ronces, ils se séparèrent. Le vieillard, avec ses enfants, prit le chemin de la ville, Psyché, celui que la fortune lui présenta. La peine de se quitter fut égale, et les larmes ]}i^n réciproques. Psyché embrassa cent fois les deux jeunes filles, et les assura que^ si elle rentroit en grâce, elle feroit tant auprès de l'Amour, qu'il les combleroit de ses biens, leur départiroit à petite mesure ses maux , justement ce.qu'il en faudroit ppur Jeur faire trouver les biens meilleurs. Après, le re-
I70 LES AMOURS DE PSYCHÉ, nouvellement des adieux et celui des larmes, cha» €un suivit son chemin: ce ne fut pas sans tourner la tête. .
La famille du vieillard arriva heureusement dans le lieu où elle avoit dessein de s'établir. Je vous conterois ses aventures si je ne m'étois point prescrit desi bornes plus resserrées. Peut-être qu'un jour les. mémoires que jai recueillis tomberont entre les. mains de quelqu'un qui s exercera sur cette matière, et qui. s'en acquittera mieux que moi: maintenant je n'achèverai que l'histoire de notre héroïne.
Sitôt qu'elle eut perdu de vue le vieillard et sa famille, son dessein se représenta à elle tel qu'il étoit, avec ses inconvénients, ses dangers, ses peines, dont elle n'avoit aperçu jusque-là qu'une petite partie. Il ne lui restoit de tant de trésors qu'un simple habit de bergère. Les palais où illûi falloit coucher étoient quelquefois le tronc d'un arbre, quelquefois un antre, ou une masure. Là, pour compagnie, elle rencontroit des hiboux et force serpents. Son manger croissoit sur le bord de quelqike fontaine , ou pendoit aux branches des chênes, ou se trouvoit parmi celles des palmiers. Qui l'auroit vue pendant le midi, lorsque la campagne n'est qu'un désert, contrainte de s'appuyer contre la première pierre qu'elle rencontroit, et n'en pouvant plus de chaleur, de f^m, et dé lassitude, priant le Soleil de modérer