LIVRE IL i
du dieu duroit encore contre Psyché : ainsi le plus sûr éloit de ne point entrer dans leurs différents.
Notre bergère, rebutée de tant de côtés, ne sut plus à qui s'adresser. Il restoit véritablement Diane et Pallas; mais Tune et lautre, ayant fait vœu de virginité , n'auroient pas les prières d une femme pour agréables, et croiroient souiller leurs oreilles en les écoutant.
Toutefois, comme Diane rendoit des oracles, la bergère crut que pour le moins cette déesse ne seroit pas si farouche que de lui en refuser un , et elle ne lui demanderoit autre chose. Aussi bien s'en rendoit-il en un lieu tout proche : ce ne seroit pas pour elle un fort grand détour. Le lieu étoit à rentrée d'une forêt extrêmement solitaire et propre à la chasse. Diane y avoit un temple dont eUe faisoit une de ses maisons de plaisir. On faisoit environ deux mille pas dans le bois; puis on rencontroit une clairière qui servoit comme de parvis au temple. Il étoit petit, mais d'une fort belle architecture. Au milieu de la clairière on avoit placé un obélisque de marbre blanc, à quatre faces, posé sur autant de boules, et élevé sur un piédestal ayant de hauteur moitié de celle de l'obélisque. Sur chaque côté du plinthe qui re- ^rdoit directement, aussi bien que les faces de la pyramide, le midi , le septentrion, le couchant, et le levant, étoiént entaillés ces mots :
M Qui que tu sois, qui as sacrifié a l'Amour
i86 LES AMOURS DE PSYCHE.
ou A l'Htménée, garde-toi d'entrer dans mon