‹ ŒuvresChapitre 87 sur 136 · SANCTUAIRE · texte numérisé non relu

SANCTUAIRE

Psyché, qui avoit sacrifié à l'un et à l'autre, n osa. entrer dans le temple ; elle demeura à la porte, où la prêtresse lui apporta cet oracle:

<c Gesse d'être errante: ce que tu cherches

A DES AILES : QUAND TU SAURAS COMME LUI MAR- CHER DANS LES AIRS, TU SERAS HËURE1JSE. »

Ces paroles ne déraentoient point lambiguïté et l'obscurité ordinaire des réponses que font les dieux. Psyché se tourmenta fort pour en tirer quelque sens, et n'en put venir à bout. Que le ciel, dit-elle, me prescrive ce qu'il voudra, il faut mourir, ou trouver l'Amour. Nous ne le saurions trouver ; il faut donc mourir : allons nous livrer à notre ennemie ; c'en est le moyen. Mais l'oracle m'a assurée que je serois quelque jour heureuse : allons nous jeter aux pieds de Vénus; nous la servirons, nous endurerons patiemment ses outrages; cela l'émouvra à compassion; elle nous pardonnera, nous recevra pour sa fille , fera ma paix elle-même avec son fils.

C'étoient là les plus belles espérances du monde , et bien enchaînées^ comme vous voyez: un moment de réflexion les détruisoit toutes.

Psyché se confirma toutefois dans son dessein. Elle s'informa du plus prochain temple de Gythérée, résolue", si la déesse n'y étoit présente, de s'embarquer €ît d'aller en Cypre. On lui dit qu'à

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