‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 6 sur 224 · ACTE I, SCENE IV. u · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV. u

Lorsque, seul avec moi, je vous surprends à feindre, Et que sur un ami vos yeux n'osent verser Quelques pleurs généreux qu'on pourrait dénoncer.

COMMINE.

Peu jaloux d'étaler une douleur stérile , Je tais la vérité qui nuit sans être utile; Notre intérêt commun exige cet effort.

Vous la tairez toujoiu's , à moins qu'après la mort , Affranchi des terreurs qu'un trône vous inspire. Vos mânes du tombeau ne sortent pour la dire.

COMMINE.

Peut-être... Mais, Goitier , quand de mon devoûmciit Un gage trop certain vous parle à tout moment , Qu'importe si des cours un long apprentissage Fait mentir à dessein mes yeux et mon visage ? A Nemours , comme vous, uni par l'amitié, N'ai-je montré pour lui qu'une oisive pitié? Ses fds ne craignaient plus : leur père était sans vie; La vengeance du roi vous semblait assouvie : Quelle voix dissipa votre commune erreur? La mienne; de leur sort j'avais prévu l'horreur. Un seul voulut nous croire, et préparant sa fuite, A des amis zélés j'en remis la conduite. Quel refuge assuré s'ouvrit devant ses pas ? C'est ma famille eucor qui lui tendit les bras.

Le duc; Charle, à Poronne , instruit avec prudence, Reçut de ses malheurs l'entière confidence, Le vit , et l'accueillit comme un hôte fatal Dont il pourrait un jour s'armer contre un rival. Si la fortune alors lui devint moins sévère , Plus j'ai fait pour le fils, plus j'ai blâmé le père. Courageux sans danger, vous régnez sur le roi; Mais un sort différent m'impose une autre loi , Et quand , près de Louis , le devoir nous rassemble, Il tremble devant vous, et devant lui je tremble.

COITIER.

Et c'est par crainte encor que, forcé d'accepter, D'un fief des Armagnacs on vous vit hériter, Apanage sanglant que leur bourreau vous donne, Et dont les échafauds ont doté la couronne.

Ma fille , en épousant Nemours que- j'ai sauvé , Lui rendra ce dépôt sous mon nom conservé. Elle était dans l'exil sa compagne chérie : Ils s'aimaient, je le sus; et rappelant Marie, J'approuvai qu'un hymen, aujourd'hui dangereux, Les unît par mes mains dans des temps plus heureux.

COITIER.

Quand il ne sera plus?

COMMINE.

Eh ! qui donc }

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