‹ [Œuvres]Chapitre 18 sur 76 · SEPTIEME MESSÉNIENNE · texte numérisé non relu

SEPTIEME MESSÉNIENNE

PARTIIENOPE ET L'ETRANGERE.

O femme, que veux-tu ?-Parthénope , un asile.

-Quel est ton crime ?-Aucun.-Qu'as-tu fait ?-Des ingrats.

-Quels sont tes ennemis?-Ceux qu'affranchit mon bras ;

Hier on m'adorait, aujourd'hui l'on m'exile.

-Comment dois-tu payer mon hospitalité?

-Par des périls d'un jour et des lois éternelles.

-Qui t'osera poursuivre au sein de ma cité?

-Des rois.-Quandviendront-ils?-Demain.-De quel côté?

-De tous... Eh bien ! pour moi tes portes s'ouvrent-elles?

-Entre, quel est ton nom?-Je suis la Liberté!

Recevez-la , remparts antiques , Par elle autrefois habités ; Au rang de vos divinités Recevez-la, sacrés portiques;

70 PARTHEINOPE

Levez-vous, ombres héroïques,

Faites cortège à ses cotés.

Beau ciel napolitain , rayonne d'allégresse;

O terre, enfante des soldats; Et vous , peuples , chantez ; peuples , c'est la déesse

Pour qui mourut Léonidas.

Sa tête a dédaigné les ornemens futiles : Les siens sont quelques fleursqui semblent s'entr'ouvrir; Le sang les fit éclore au pied des Thermopyles :

Deux mille ans n'ont pu les flétrir.

Sa couronne immortelle exhale sur sa trace

Je ne sais quel parfum dont s'enivre l'audace ;

Sa voix terrible et douce a des accens vainqueurs ,

Qui ne trouvent point de rebelle; Ses yeux d'un saint amour font palpiter les cœurs ,

Et la vertu seule est plus belle.

Le peuple se demande, autour d'elle arrêté. Comment elle a des rois encouru la colère, a Hélas ! répond cette noble étrangère , « Je leur ai dit la vérité.

« Si jamais sous mon nom l'imprudence ou la haine

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