ET L'ÉTRANGÈRE
« Ebranla leiii- pouvoir, que je veux contenir, « Est-ce à moi d'en porter la peine ? « Est-ce aux Germains à m'en punir?
« Ont-ils donc oublié, ces vaincus de la veille, « Ces esclaves d'hier, aujourd'hui vos tyrans, « Que leurs cris de détresse ont frappé mon oreille, « Qu'auprès d'Arminius j'ai marché dans leurs rangs? « Seule, j'ai rallié leurs peuplades tremblantes; « Et, de la Germanie armant les défenseurs , « J'ai creusé de mes mains, dans ses neiges sanglantes, « Un lit de mort aux oppresseurs.
« Vengez-moi, justes Dieux qui voyez mes outrages. « Puisse le souvenir de mes bienfaits passés « Poursuivre ces ingrats, par l'effroi dispersés! « Puissent les fils d'Odin errans sur les nuages,
« Le front chargé d'orages , « La nuit leur apparaître à la lueur des feux , « Et puissent les débris des légions romaines,
« Dont j'ai blanchi leurs plaines,
« Se lever devant eux!