‹ [Œuvres]Chapitre 41 sur 76 · UNE SEMAINE DE PARIS · texte numérisé non relu

UNE SEMAINE DE PARIS

De votre saug qui fume encor!

Avant que le poète eût recueilli ses souvenirs et rassemblé ses émotions pour composer, dans le silence du cabinet, cette belle Messénienne, il avait improvisé, pour les vainqueurs de la grande semaine , un chant de ralliement , que toute la France a répété , dont tous nos théâtres ont retenti , et que nos enfans balbutient , comme nous avons balbutié la Marseillaise. La Parisienne aussi a été écrite en présence de l'ennemi, quand le canon ébranlait nos murailles , et le tocsin nos clochers ; quand les troupes qui n'avaient pas eu le courage de désobéir à des ordres de sang, fuyaient devant une poignée de héros en vestes , armés de vieux fusils et d'épées rouillées; quand notre premier besoin, après un chef populaire , était un chant de poète , un chant de victoire pour ceux qui avaient survécu, un chant de regret pour ceux qui avaient succombé; c'était à M. Casimir Delavigne que nous le demandions : il ne nous l'a pas fait attendre, et nos ennemis l'ont su par cœur aussitôt que nous. Nous avons mis dans ce volume, aux Poésies diverses, cette Parisienne , qui a déj à été chantée à Bruxelles, à Berlin, à Londres, en Italie, et qui est destinée, sans doute, comme la Marseillaise , à faire le tour de l'Europe.

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