‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 104 sur 489 · ALCESTE, ADMÈTE · texte numérisé non relu

ALCESTE, ADMÈTE

ALCESTE, derrière le théâtre.

Hélas !

ADMÈTE

Qu'ai-je entendu? Quoi! c'est vous, chère Alceste! D'où naît dans votre sein ce désespoir funeste? Mon cœur auprès de vous , de votre aspect charmé, A respirer la paix était accoutumé.

Je ne vous connais plus. Pourquoi votre visage D'un calme si touchant n'offre-t-il plus l'image? Tout votre corps frémit! Vous pâlissez d'effroi... £xpliquez-vous 5 parlez.

ALCESTE

Admète, écoutez-moi.

Dans ce temps de la nuit où des vapeurs plus sombres Redoublent le sommeil , épaississent les ombres, Le trépas de mon père (ô ciel ! puis-je y penser ! ) A mes esprits tremblants s'est venu retracer. De son pouvoir Médée étalant les merveilles De mes crédules sœurs enchantait les oreilles , Et, pour les mieux tromper , leur rappelait iEson Rendu par un prodige à sa jeune saison.

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