ALCESTE, ADMÈTE
ALCESTE, derrière le théâtre.
Hélas !
ADMÈTE
Qu'ai-je entendu? Quoi! c'est vous, chère Alceste! D'où naît dans votre sein ce désespoir funeste? Mon cœur auprès de vous , de votre aspect charmé, A respirer la paix était accoutumé.
Je ne vous connais plus. Pourquoi votre visage D'un calme si touchant n'offre-t-il plus l'image? Tout votre corps frémit! Vous pâlissez d'effroi... £xpliquez-vous 5 parlez.
ALCESTE
Admète, écoutez-moi.
Dans ce temps de la nuit où des vapeurs plus sombres Redoublent le sommeil , épaississent les ombres, Le trépas de mon père (ô ciel ! puis-je y penser ! ) A mes esprits tremblants s'est venu retracer. De son pouvoir Médée étalant les merveilles De mes crédules sœurs enchantait les oreilles , Et, pour les mieux tromper , leur rappelait iEson Rendu par un prodige à sa jeune saison.