‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 118 sur 489 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

ADMÈTE, ALCESTE

ALCESTE

Quel est donc ce mystère ?

Un vieillard inconnu. Parlez : que veut-il faire? Je crains... Phénix d'abord eût dû l'interroger.

ADMÈTE

Peut-être vainement c'eût été l'affliger.

Hélas ! d'un malheureux la prudence est extrême.

Ah ! son secret souvent n'est que son malheur même.

ALCESTE

Vous lui demanderez d'où naît son sort afli-eux.

ADMÈTE

Je n'interroge pas les mortels malheureux.

ALCESTE

De ses destins, seigneur, vous avez connaissance. Ainsi , sur vos secrets vous gardez le silence; Ils ne sont plus communs I Pourquoi irie les cacher ? Votre cœur dans le mien craint-il de s'épancher?

i68 OEDIPE CHEZ ADMETE.

AUMÈTE.

Crois-tu...?

ALCESTE

Me traitez-vous comme une âme commune Qu'on doit peu consulter, qu'un secret importune?

ADMÈTE

Tu me fab cet outrage ?

ALCESTE

Eh ! depuis quand , pourquoi N'osez-Tous sans détour vous fier à ma foi ?

ADMÈTE

Ehbien ! c'est...

ALCESTE

Ne crains pas.

ADMÈTE

Ce vieillard sans asyle , Ce noble fugitif, dans ses maux si tranquille, C'est OEdipe.

ALCESTE

Qui ! lui , seigneur ! Ah ! dans ces lieux Sou aspect contre nous va susciter les dieux !

ADMÈTE

Que dis-tu , téméraire !

ALCESTE

Oui, voilà mon présage j Il ne m'a point trompée.

Eh ! c'est là ton courage !

ALCESTE

Non, je n'en puis douter : tout ce peuple en fureur Va chasser un vieillard qui doit lui faire horreur.

ADMÈTE

Que crains-tu?

ALCESTE

Je craius tout, ie crains les Euménides,

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