‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 132 sur 489 · LE GRAND-PRÊTRE · texte numérisé non relu

LE GRAND-PRÊTRE

Infortuné vieillard. Les dieux sur tes destins ont fixé leur regard. De la fatalité courageuse victime , Quand l'univers trompé ne voyait que ton crime , Ils ont vu tes vertus. Peuples, dans ces climats Ce n'est pas sans dessein qu'ils ont conduit ses pas. Quel céleste flambeau , dont la clarté m'étonne, Dissipe tout à coup la nuit qui t'environne ! Je vois fuir devant toi le deuil et le trépas. Tes malheurs sont passés. Mars , le dieu des combats, Attache à ton cercueil les lauriers et la gloire -, Il doit être à jamais l'autel de la victoire ; Le monde y portera son encens et ses vœux.

ADMÈTE

La mort consacre ainsi les héros malheureux.

Ah ! c'est pour adoucir son infortune extrême ,

Que le ciel sur mon front plaça le diadème.

Peuples ! écoutez-moi : je remets en vos mains

Un vieillard malheureux, le plus grand des humains.

Tâchez d'en obtenir, ardents à le défendre ,

Qu'il laisse à nos climats le trésor de sa cendre.

Adieu , souvenez-vous que c'est l'humanité

Qui sert de premier culte à la divinité ;

Que c'est en imitant sa bonté paternelle

Que notre encens l'honore , et peut monter vers elle.

Et vous , vieillard auguste, à qui je tends les bras,

Jusque dans mon palais daignez suivre mes pas.

Ils sortent tous FIN DU TROISIÈME ACTE.

j88 OEDIPE chez ADMETE.

Page 1