‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 133 sur 489 · ANTIGONE, POLYNICE · texte numérisé non relu

ANTIGONE, POLYNICE

POLYNICE

Lorsque, dans ce palais , une douleur muette Cache le deuil public et le malheur d'Admète, Ma sœur, m'est-il permis, dans ces tristes moments. De goûter la douceur de vos embrassements? Par quel motif secret le destin qui m'étonne A-t-il conduit mes pas sur les pas d'Antigone? Je sens moins mes remords et mes adversités , Puisque des biens si chers ne me sont point ôtés. Je vous retrouve enfin. ^

ANTIGONE

Cette entrevue encore , Mon fière, est pour OEdipe un secret qu'il ignore ; Tandis que d'autres yeux daignent veiller sur lui , Je vais donc sans témoins vous entendre aujourd'hui. Dans quel état, ô ciel ! s'offre à moi Polynice I

POLYNICE

Se peut-il que sur moi votre cœur s'attendj'isse ! Quoi I vous m'osez revoir! Quoi! j'entends, cette voix Qui dans Thèbes jadis me charma tant de fois ! Ma sœur, que notre race , en forfaits trop féconde, Du bruit de ses revers a bien rempli le monde ! Dans vos malheurs du moins, pour supporter leurs coups,

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