ÉPITRE DÉDICATOIRE A MA MÈRE
Ma tendre et respectable mère,
Oui , c'est à vous que je dois dédier un ouvrage dont tout le mérite peut-être est dans une sensibilité héréditaire que j'ai puisée dans votre sein. N'est-ce pas vous qui avez pleuré la première sur le sort de Léar! pourrais-je jamais oublier ces heures délicieuses où , dans le calme d'une soirée d'hiver , sous votre toit solitaire et tranquille , vous faisant connaître pour la première fois ce père abandonné , interrompu moi-même au milieu de ma lecture par notre commune émotion , dans le plaisir et le trouble de la douleur , je me vis tout à coup baigné des larmes de mes enfants, de ces deux orphelines , qui ne m'ont jamais causé d'autre chagrin que de retracer trop vivemeni à mon souvenir les grâces intéressantes et surtout l'àme si pure et si sensible de leur mère ! Privées,