‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 158 sur 489 · EPITRE A MA MERE · texte numérisé non relu

EPITRE A MA MERE

hélas ! trop tôt de son appui , elles ont du moins, après notre malheur , retrouvé ses secours dans ^ os foyers, et ses leçons dans vos exemples. Objet, dès mon enfance , de votre tendresse particulière , sans doute parce que j'en avais le plus de besoin , vous êtes devenue ma mère une seconde fois en voulant encore , dans l'âge du repos, vous dévouer à la culture de deux plantes délicates qui ne pouvaient plus croître et s'élever que sous votre abri. Combien d'autres bienfaits personnels ai-je reçus de votre âme généreuse , depuis que vous m'avez recueilli dans vos bras ! Quel ami secourut jamais son ami par plus d'effets avec moins de paroles! Ah ! si j'emporte une idée consolante dans la tombe ( où puissé-je descendre avant vous ! ), ce sera celle de vous avoir payé ce tribut solennel de ma reconnaissance. Non , désormais, quel que soit le sort de mes travaux, ni les succès ni les disgrâces qui les attendent n'altéreront dans mon àme le bonheur de sentir et d'éprouver tous les jours , avec les mêmes délices , que vous êtes ma mère.

Ma tendre mère ,

Yotre très humble et très obéissant fils,

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