ACTE II, SCENE V
Pour servir vos desseins il n'est rien que je n'ose.
La cendre de mon père auprès de nous repose 5 Dans une urne vulgaire on l'a , sans monument, Laissé , loin de mes pleurs , gémir impunément. Mais j'ai reçu son ordre. Osons tirer sa cendre De la tombe où le crime , hélas ! l'a fait descendre. Je veux qu'à chaque instant cette cendre en ces lieux De ses empoisonneurs fatigue au moins les jeux. Que je te doive enfin cette douceur si chère De presser sur mon cœur l'urne sainte d'un père.
NORCESTE.
Je vais vous obéir.
Ecoute , je veux plus :
Viens trouver avec moi la reine et Claudius. Raconte devant eux, pour démêler leur crime, L'attentat dont un roi dans Londres fut victime. Emprunte à mes soupçons des rapports et des traits Qui contraignent leurs fronts à trahir leurs forfaits ; Dis que l'ambition , que l'amour, l'adultère, Ont causé le malheur dont gémit l'Angleterre. Si je vois leurs regards s'entendre ou se troubler , Leur crime est vrai : je puis les punir sans trembler. Maîtres de nos secrets , découvrons ce mystère , Et nous verrons après ce qu'il nous faudra faire. Grands dieux I pardonnez-moi , si , trop lent à frapper , Ce bras hésite encore et craint de se tromper. Hélas ! sur des complots que tout mon cœur abhorre. Permettez que ma voix vous interroge encore. Que des signes certains et qu'un effroi vengeur Dénoncent le coupable à ma juste fureur. Pour rendre enfin la force à mes esprits timides , Montrez-moi le forfait sur le front des perfides.
FIX DU SECOXD ACTE