‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 194 sur 489 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

LÉAR , s' arrêtant tout à coup.

Cher comte , arrête , arrête !

LE COMTE

Vos yeux ont assez vu cette horrible tempête : Quel funeste plaisir pouvez-vous y trouver.

LÉAR

Une autre dans mon sein va bientôt s'élever.

LE COMTE

Seigneur, au nomdes dieux, mon souverain, mon maître, Le ciel de nos malheurs aura pitié peut-être ; Ne me résistez plus. Hélas! dans ces forêts Les monstres sont cachés sous leurs antres secrets : Vous seul , de tant d'états , votre antique héritage , N'aurez-vous pas du moins un asyle en partage ! Entrons , seigneur, entrons sous cet obscur séjour. Je vous tiens lieu de tout , d'amis , d'enfants , de cour j , C'est le sort de mon sang de vous être fidèle. Faut-il que par des pleurs je vous prouve mon zèle? Faut-il que, me jetant à vos sacrés genoux...

LÉAR

Ah î tu brises mon cœur.

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