‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 21 sur 489 · CLAUDIUS, GERTRUDE, HAMLET, NORCESTE · texte numérisé non relu

CLAUDIUS, GERTRUDE, HAMLET, NORCESTE

Mon fils, toujours des pleurs mouilleront-ils vos yeux?

De ce fi'ont obscurci de nuages si sombres

Que la voix d'une mère ëclaircisse les ombres.

Songez, en repoussant ces ténébreux soucis ,

A ce trône éclatant où vous serez assis.

Oui , tout vous est garant de la faveur céleste :

L'appui de Claudius, l'amitié de Norceste,

Mon amour et mes vœux, doivent vous rassurer.

Un jour plus pur se lève et vient nous éclairer.

Le peuple rassemblé frémit d'impatience ,

Et demande à grands cris votre auguste présence.

Paraissez à leurs yeux comme un astre qui luit,

Pâle encor, mais vainqueur des ombres de la nuit.

Vous ne répondez point. Toujours à votre mère

De vos profonds chagrins vous cachez le mystère.

Parlez : un mot de vous , dissipant mon ennui...

CLAUDIUS, à Gertrude.

Pourquoi presser Hamlet? Ses secrets sont à lai. Déjà pourtant son front me paraît moins sévère. Prince, vous ne pouvez trop regretter un père: Votre deuil justement lui prodigue ses pleurs j Mais le temps doit calmer les plus vives douleurs. L'homme de sa raison doit toujours faire usage; Il doit faire céder la souflrance au courage. C'est un bonheur pour vous que par un prompt retour Le ciel ait rappelé Norceste à votre cour. Dans nos ennuis du moins l'amitié nous soulage.

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