‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 22 sur 489 · ACTE Iir, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE Iir, SCÈNE IL

J'en ai déjà senti le charme et l'avantage. Vous avez vu Norceste?

CLAUDIUS

Il a d'abord porté Ses premiers pas vers vous.

Il vous eût raconté La triste mort du roi que pleure l'Angleterre.

CLAUDIUS

Oui, le bruit s'en répand : ce n'est plus un mystère.

HAJMLET.

Dit- on par quelle main?

XORCESTE.

Vous savez quels discours Souvent la mort des rois fait naître dans les cours. Parmi tous ces faux bruits , malaisés à comprendre, Qu'au trépas de ce roi l'on se plut à répandre , On dit que le poison...; mais je ne le crois pas.

CLAUDIUS

Eh! comment supposer de pareils attentats?

Mais qui soupçonne-t-on de cet énorme crime?

NORCESTE.

Un mortel honoré de la publique estime.

HAîklLET.

Enfin qui nomme-t-on?

NORCESTE.

Un prince de son sang , Qu'après lui la naissance appelait à son rang.

GERTRUDE

Vous a-t-on informé qu'il eût quelque complice?

NORCESTE.

Oui...

IIAMLET.

La reine peut-être?

GERTRUDE

0 ciel I... par quel indice A-t-on pu découvrir...?

NORCESTE.

Je l'ignore.

GERTRUDE

En secret Quel motif donne-t-on d'un aussi grand forfait?

NORCESTE.

L'amour du diadème , une flamme adultère.

Bas à Hamlet.

Il n'est point troublé.

HAMLET, has, à Norceste.

Non , mais regarde ma mère.

CLAUDIUS

Prince , on l'a vu souvent : l'ambition , l'amour , Par de fatals excès ont troublé cette cour. Mais , prince , loin de vous de si tristes images ! Sans accuser de loin ces dangereux rivages , N'avons- nous pas assez de nos propres malheurs? Laissons à l'Angleterre et son deuil et ses pleurs : L'Angleterre en forfaits trop souvent fut féconde.

Les forfaits en tout temps sont l'histoire du monde. Sortons, Norceste.

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