‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 214 sur 489 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

OSWALD, en montrant Helmonde.

Cette ûlle?

NORCLÈTE,

Est la mienne.

OSWALD

On dit que ces bois sombres Cachent un fugitif égaré sous leurs ombres.

HELMOXDE.

Quel est ce fugitif?

OSWALD

Léar.

HELMONDE.

Ah ! ses malheurs Auront fini ses jours, réservés aux douleurs.

OSWALD

Auriez- vous de sa mort entendu la nouvelle?

Le bruit en a couru-, je le crois trop fidèle.

OSWALD, à ses soldats.

Remplissons nos devoirs : sous ce long souterrain Voyez, cherchez partout , vos flambeaux à la main. Les soldats allument leurs flambeaux à une lampe qui brûle dans la

caverne ; Oswald descend avec eux dans la partie intérieure du

fond , et ils en visitent tous les détours.

HELMOXDE, has , au comte de Kent, en tremblant. Ils vont tout observer sous ces voûtes secrètes.

LE COMTE , has.

Déi'obez et la crainte et le trouble où vous êtes.

HELMOXDE.

Grands dieux I vous m'entendez !

NORCLÈTE.

Ah î malgré moi je sens La terreur me saisir, et glacer tous mes sens.

OSWALD, aux soldats qui reviennent avec lui.

A Korclète.

Léar n'est point ici. Sortons. Vieillard, écoute :

agS LE ROI LEAR.

Si Léar, par ses pleurs , sous cette horrible voûte , Vient implorer, la nuit, tremblant , saisi d'efiioi , La grâce d'y fouler ces roseaux près de toi , Sois sourd à sa prière, et demeure inflexible.

HELMONDE.

Il est donc menacé d'un péril bien terrible? OSWALD.

Si jamais Cornouaille est maître de son sort...

Eh bien I son traitement , quel sera-t-il ?

OSWALD

La mort.

Helmonde tombe évanouie entre les bras de Norcltte. OSWALD, regardant Helmonde.

Sa douleur m'est suspecte et me cache un mystère.

A ses soldats.

Qu'on l'emmène.

LE COMTE , en tirant son épée.

Arrêtez 1

OSWALD

Que prétendez-vous faire ?

LE COMTE

Je la défendrai seul.

OSWALD

Tes efforts seront vains.

Soldats , sans plus tarder, tirez-la de ses mains.

LE COMTE

Osez-vous bien , cruels !

OSWALD

Obéissez sur l'heure.

LE COMTE

Avant qu'on me l'arrache , il faudra que je meure. Mes bras , mes faibles bras , sur son corps attachés...

Page 1