ACTE III, SCENE ÏII
CLAUDIUS
Madame, Le prince ignore tout.
GERTRUDE
Le trouble est dans mon âme.
CLAUDIUS
Vain effroi.
Mais qui sait si son œil curieux Ne cherchait pas , seigneur , nos secrets dans nos yeux ? Quelstourmentsj'aisouffertSyhëlasîpour me contraindre!
CLAUDIUS
Votre cœur tous parlait : voilà ce qu'il faut craindre. Négligeons ces discours , et laissons-les passer Sans remarquer le mot qui pourrait nous blesser. Dissimulons toujours ; et , dans un calme extrême , Que notre esprit surtout soit maître de lui-même. Mais de tout avec soin je me veux informer. Quoique jamais Hamlet ne puisse m'alarmer , Cherchons si ces discours , que le hasard fit naître , N'ont point un but secret, quelque motif peut-être. C'est pour ne craindre rien qu'il faut toujours songer Que tout peut être à craindre et cacher un danger.