CLAUDIUS, POLONIUS, GERTRUDE
POLONIUS
Madame, tout est prêt. Vous fixerez vous-même L'instant où votre fils ceindra le diadème. Le peuple n'attend plus que son couronnement. Les grands de votre cour , dans leur empressement , Vont , en plaçant Hamlet au rang t!e leurs monarques ,
De son pouvoir sacré lui présenter les marques.
Mais , pritice , montrez-vous •, le peuple est agité.
Des périis de la guerre il semble épouvanté ;
On parle de complots, du retour de Norceste,
D'IIamlet prêt à mourir, d'un avenir funeste.
Paraissez, et bientôt vous aurez dissipé
Le bruit et les frayeurs dont le peuple est frappé.
CLAUDIUS
Allons , je suis tes pas. Sur cet avis fidèle, Je cours où la prudence , où le devoir m'appelle. Vous , madame , à l'instant revoyez votre fils j Pénétrez dans son cœur , sondez-en les replis -, Que sa tristesse enfin ne soit plus un mystère. S'il est si vertueux , il doit chérir sa mère. Faites enfin parler vos soupirs et vos pleurs. Je soupçonne à mon tour ces étranges douleurs. C'est trop tarder , marchons.