‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 24 sur 489 · CLAUDIUS, POLONIUS, GERTRUDE · texte numérisé non relu

CLAUDIUS, POLONIUS, GERTRUDE

POLONIUS

Madame, tout est prêt. Vous fixerez vous-même L'instant où votre fils ceindra le diadème. Le peuple n'attend plus que son couronnement. Les grands de votre cour , dans leur empressement , Vont , en plaçant Hamlet au rang t!e leurs monarques ,

De son pouvoir sacré lui présenter les marques.

Mais , pritice , montrez-vous •, le peuple est agité.

Des périis de la guerre il semble épouvanté ;

On parle de complots, du retour de Norceste,

D'IIamlet prêt à mourir, d'un avenir funeste.

Paraissez, et bientôt vous aurez dissipé

Le bruit et les frayeurs dont le peuple est frappé.

CLAUDIUS

Allons , je suis tes pas. Sur cet avis fidèle, Je cours où la prudence , où le devoir m'appelle. Vous , madame , à l'instant revoyez votre fils j Pénétrez dans son cœur , sondez-en les replis -, Que sa tristesse enfin ne soit plus un mystère. S'il est si vertueux , il doit chérir sa mère. Faites enfin parler vos soupirs et vos pleurs. Je soupçonne à mon tour ces étranges douleurs. C'est trop tarder , marchons.

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