‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 255 sur 489 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

FRÉDEGONDE, MACBETH.

FRÉDEGONDE.

Cher Macbeth , quel mystère, Caché dans ce billet , n'en est plus un pour toi?

MACBETH

Menteth n'est plus.

FRÉDEGONDE.

Qu'en tends-je!

Il trahissait son roi -, Il secondait Cador; la preuve en était prête : Il a subi sa peine et payé de sa tête.

FRÉDEGONDE.

Le destin sur Herfort aurait-il prononcé?

MACBETH

Dans le dernier combat tu sais qu'il fut blessé : Des coups qu'il a reçus il est mort avec gloire.

FRÉDEGONDE.

Tous deux en même temps?

MACBETH

Tous deux.

FRÉDEGONDE.

Puis-je le croire!

Il reste peu d'espace entre le trône et vous.

MACBETH

Sortons... Mon sang se glace.

56o MACBETH.

FRÉDEGONDE.

Eh bien! que craignez-vous-

MACBETH

Ils dorment.

Nous veillons , et la nuit est profonde. Ce songe... Tu m'entends.

MACBETH

Oui.

FRÉDEGONDE.

Macbeth I

MACBETH

Frédegonde !

FRÉDEGONDE.

Duncan près de Glamis repose en ce palais. Quand s'éveilleront-ils?

MACBETH

Avec le jour.

FRÉDEGONDE.

Jamais.

Voici l'instant, Macbeth : ne vois que la couronne. Le sort te la promet : que ton bras te la donne. Il semblait qu'un espoir , un présage certain , M'annonçât dès long-temps les arrêts du destin. Il a prévu nos coups : nos coups sont légitimes. Il a sous le fer même endormi nos victimes. Vers ce trône éclatant , de trépas en trépas , Plus prompt que nos désirs , il t'entraîne à grands pas. Leterapss'enfuitjMacbeth; roi quandDuncan sommeille, Tu n'es plus qu'un sujet si Duncan se réveille. Élève , élève au ciel ton vol ambitieux -, Las d'avoir des égaux , disparais à leurs yeux. L'oracle s'accomplit : oui, ma grandeur s'apprête. L'éclat de tes rayons rejaillit sur ma tête.

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