SCÈNE lY
FRÉDEGONDE, MACBETH.
FRÉDEGONDE.
Cher Macbeth , quel mystère, Caché dans ce billet , n'en est plus un pour toi?
MACBETH
Menteth n'est plus.
FRÉDEGONDE.
Qu'en tends-je!
Il trahissait son roi -, Il secondait Cador; la preuve en était prête : Il a subi sa peine et payé de sa tête.
FRÉDEGONDE.
Le destin sur Herfort aurait-il prononcé?
MACBETH
Dans le dernier combat tu sais qu'il fut blessé : Des coups qu'il a reçus il est mort avec gloire.
FRÉDEGONDE.
Tous deux en même temps?
MACBETH
Tous deux.
FRÉDEGONDE.
Puis-je le croire!
Il reste peu d'espace entre le trône et vous.
MACBETH
Sortons... Mon sang se glace.
56o MACBETH.
FRÉDEGONDE.
Eh bien! que craignez-vous-
MACBETH
Ils dorment.
Nous veillons , et la nuit est profonde. Ce songe... Tu m'entends.
MACBETH
Oui.
FRÉDEGONDE.
Macbeth I
MACBETH
Frédegonde !
FRÉDEGONDE.
Duncan près de Glamis repose en ce palais. Quand s'éveilleront-ils?
MACBETH
Avec le jour.
FRÉDEGONDE.
Jamais.
Voici l'instant, Macbeth : ne vois que la couronne. Le sort te la promet : que ton bras te la donne. Il semblait qu'un espoir , un présage certain , M'annonçât dès long-temps les arrêts du destin. Il a prévu nos coups : nos coups sont légitimes. Il a sous le fer même endormi nos victimes. Vers ce trône éclatant , de trépas en trépas , Plus prompt que nos désirs , il t'entraîne à grands pas. Leterapss'enfuitjMacbeth; roi quandDuncan sommeille, Tu n'es plus qu'un sujet si Duncan se réveille. Élève , élève au ciel ton vol ambitieux -, Las d'avoir des égaux , disparais à leurs yeux. L'oracle s'accomplit : oui, ma grandeur s'apprête. L'éclat de tes rayons rejaillit sur ma tête.