‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 294 sur 489 · ACTE II, SCNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCNE II

Quels étaient vos desseins , vieillard trop généreux?

KERMADEUC

Tirer votre cher fils de son cachot aflfreux , Armer tous vos Bretons , soulever l'Angleterre, Le rendre à son pays , à son peuple, à sa mère.

CONSTANCE

Ah! je l'avais tenté ce courageux dessein; Le ciel, qui Ta trahi, l'avait mis dans mon sein. Du moins , dans mon malheur, à mon secret fidèle, J'ai déguisé mes traits , j'ai pris le nom d'Adèle. Sous d'humbles vêtements, dans mon adversité, J'ai porté le mépris, des fers, la pauvreté; Mais je n'en gémis point, puisque mon fils respu'e. Il est, il est ici.

KERMADEUC

Tremblez de l'en instruire.

CONSTANCIÎ.

L'avez-vous cette croix, cet instrument sacré Du plus grand des projets par le ciel inspiré?

KERMADEUC

Craignant d'être surpris , ma prudence et mon zèle

L'ont remise à Kerbeck, mon compagnon fidèle.

Cette croix dans ses mains va grossir un parti

Qui, malgré nos revers, n'est point anéanti.

Ce signe des chrétiens soutiendra leur courage.

Oui , j'en conçois l'espoir : oui , j'en crois mon présage.

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