SCÈNE I
HAMLET; NORCESTE, avec Vm-ne.
NORCESTE.
La voilà donc, seijïneur, cette urne redoutable
Qui contient d'un héros la cendre déplorable.
Donnez un libre cours à vos justes douleurs ;
Sur cette urne un moment laissez couler vos pleurs.
Mais contre Claudius armez-vous de courage.
Opposons nos efforts aux efforts de sa rage.
Un parti qui se cache , et qui lui sert d'appui ,
Va, dit- on , au conseil se déclarer pour lui.
Son audace peut tout : en cet instant peut-être
Vous n'êtes qu'un sujet , et Claudius est maître.
Ophélie et la reine ignorent des projets
Dont il sait avec art dérober les secrets.
Il feint de vous servir : son adresse prudente
Par là sait mieux tromper une mère , une amante.
Habile à déguiser ses noires trahisons ,
Il écarte de lui leurs yeux et leurs soupçons.
Il faut les éclairer sur ses complots perfides.
Prince , il vous reste encbr des sujets intrépides :
Je cours les réunir , enflammer leur courroux ,
Et tous ainsi que moi sauront mourir pour vous.
Que m'importe le trône et ce jour qui m'éclaire I Si je respire encor, c'est pour venger mon père.
Norceste sort.