‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 399 sur 489 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TÉNAIM, SALÉMA, ODÉIDE, PHARASMIN, ABUFAR.

Dès qu' Abufar paraît devant l'autel , ses filles , sa sœur, Pharasrain et tous les habitants du désert, se mettent à genoux.

ABUFAR

Soleil, dont la lumière et la chaleur féconde Sont l'œil , l'âme , la règle et la splendeur du monde , Qui, sous l'abri des mœurs, vois l'Arabe indompté Dans ce vaste désert marcher en liberté ;

Il brûle de l'encens sur l'autel.

Sur nous , sur tes enfants , snr ta famille immense , Fais luire avec tes feux le jour de l'innocence ;

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Vers les premiers rayons vois se lever mes mains. Et bënis par ma voix le travail des humains. A sa famille et à tous les habitants du désert.

Levez-vous, mes enfants.

Ses filles et sa sœur s'apprêtent chacune pour leur ouvrage. Pharasniia apporte un siège pour Abufar, sort et rentre , occupé des différents travaux de la maison. — A ses deux filles.

Mais d'où vient qu'à ma vue,

D'un trouble encor récent votre âme semble cmue ?

Ténaïm, dans leurs yeux , j'aperçois quelques pleurs.

TÉNAÏM.

L'histoire d'un vieillard a causé leurs douleurs. Leur âge à ces récits ouvre une oreille avide ; Et même, en cet instant , votre jeune Odéide Conjurait Saléma de lui conter comment Le ciel , par un vieillard, eut pitié d'un enfant. Mais sa sœur Saléma craignait de nous l'apprendre , D'en être trop émue.

ABUFAR

Eh I pourquoi s'en défendre ?

Hélas I sans la pitié , sans ce don précieux , Le plus cher, le plus doux que nous tenions des cieus , Dans ces climats brûlants , sur ce sable où nous sommes, Que deviendrions-nous , si nous n'étions des hommes ! JV'est-ce pas elle ici qui , dans leur pauvreté. Consacre nos déserts par l'hospitalité?

Malheur au peuple ingrat , abhorré sur! la terre , A qui cette pitié pourrait être étrangère ! Mais le cœur d'un Arabe a toujours palpité Aux traits de la valeur et de l'humanité.

A Saléma.

Eh bien ! dis : cet enfant... cet âge a tant de charmes I Parle, apprends-moi son sort, et fais couler mes larmes.

SALÉMA.

J'ans le fond du désert, quand le soleil brûlant

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