SCÈNE III
TÉNAIM, SALÉMA, ODÉIDE, PHARASMIN, ABUFAR.
Dès qu' Abufar paraît devant l'autel , ses filles , sa sœur, Pharasrain et tous les habitants du désert, se mettent à genoux.
ABUFAR
Soleil, dont la lumière et la chaleur féconde Sont l'œil , l'âme , la règle et la splendeur du monde , Qui, sous l'abri des mœurs, vois l'Arabe indompté Dans ce vaste désert marcher en liberté ;
Il brûle de l'encens sur l'autel.
Sur nous , sur tes enfants , snr ta famille immense , Fais luire avec tes feux le jour de l'innocence ;
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Vers les premiers rayons vois se lever mes mains. Et bënis par ma voix le travail des humains. A sa famille et à tous les habitants du désert.
Levez-vous, mes enfants.
Ses filles et sa sœur s'apprêtent chacune pour leur ouvrage. Pharasniia apporte un siège pour Abufar, sort et rentre , occupé des différents travaux de la maison. — A ses deux filles.
Mais d'où vient qu'à ma vue,
D'un trouble encor récent votre âme semble cmue ?
Ténaïm, dans leurs yeux , j'aperçois quelques pleurs.
TÉNAÏM.
L'histoire d'un vieillard a causé leurs douleurs. Leur âge à ces récits ouvre une oreille avide ; Et même, en cet instant , votre jeune Odéide Conjurait Saléma de lui conter comment Le ciel , par un vieillard, eut pitié d'un enfant. Mais sa sœur Saléma craignait de nous l'apprendre , D'en être trop émue.
ABUFAR
Eh I pourquoi s'en défendre ?
Hélas I sans la pitié , sans ce don précieux , Le plus cher, le plus doux que nous tenions des cieus , Dans ces climats brûlants , sur ce sable où nous sommes, Que deviendrions-nous , si nous n'étions des hommes ! JV'est-ce pas elle ici qui , dans leur pauvreté. Consacre nos déserts par l'hospitalité?
Malheur au peuple ingrat , abhorré sur! la terre , A qui cette pitié pourrait être étrangère ! Mais le cœur d'un Arabe a toujours palpité Aux traits de la valeur et de l'humanité.
A Saléma.
Eh bien ! dis : cet enfant... cet âge a tant de charmes I Parle, apprends-moi son sort, et fais couler mes larmes.
SALÉMA.
J'ans le fond du désert, quand le soleil brûlant