‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 410 sur 489 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

SALÉMA.

Eh ! ma sœur, connaissez-vous l'amour?

La voilà cette ardeur que ma bouche a trahie , Que cachaient les langueurs de la mélancolie ; Ce penchant malheureux , proscrit par la vertu , Qui troublait ma raison , qu'en vain j'ai combattu. Oui , je vis pour Farhan , je l'aime , je l'adore. C'est là cet air, ce ciel, ce feu qui me dévore , Ce vent de nos déserts, terrible, envenimé , Moins brûlant que l'amour dans mes sens allumé. Voilà Farhan , c'est lui ; c'était là son visage , Lorsqu'une douce erreur m'en présentait l'image ; Jeune, sensible, ardent, tel qu'il frappa mes yeux. Quand seul il enchantait et la terre et les cieux. Que dis-je ? Ah I dans la tombe où j'ai troublé ta cendre , Sans doute avec horreur, Farhan , tu dois m'entendre I J'ai donc tout profané ; ce vertueux séjour. L'honneur, les nœuds du sang , la nature , et l'amour ! Ma sœur, venge sur moi ce ciel qui me déteste; Arrache-moi ce cœur, ce cœur né pour l'inceste. Frappe, voilà mon sein.

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