SCÈNE IV
SALÉMA, ABUFAR, TÉNAIM, ODÉIDE, PHARASMIN, FARHAN.
ABUFAR, à Pharastnin.
Tu ne l'ignores pas, je t'estime, je t'aime. Et tu peux désormais disposer de toi-même. De vivre auprès de moi ton cœur est-il jaloux? Réponds, veux-tu partir ou rester près de nous? Tu n'as qu'à dire un mot.
PHARASMIN.
Je reste.
11 tend la main à Abufar, et Abufar la lui touche. FARHAN.
Ciel! qu'entends-je?
210 ABUFAR
D'où peut naître pour lui cette faveur étrange?
Un Persan, un Persan!
ABUFAR
J\'a-t-il pas adopté Nos climats, et nos mœurs, et notre liberté?
FARHAN.
Qui? lui!
PHARASMIN.
J'eus le besoin d'avoir une patrie :
Tu la reçus du ciel, je me la suis choisie.
ABUFAR
Sur lui , lorsque tantôt je t'ai dit mes desseins. Tu n'as pas témoigné ces injustes dédains.
FARHAN.
Eh bien! je dévorais une haine funeste. Malheur à l'ennemi que ma rage déteste!
ABUFAR
Songe que, dès l'instant qu'il a touché ma main , 11 est pour nous un frère, et non plus Pharasmin.
FARHAX.
II ne vous reste plus qu'à l'accepter pour gendre.
ABUFAR
S'il désirait ce nom; s'il cherchait à me rendre Les respects et les soins d'un fils respectueux ; Si, brûlant en secret d'un amour vertueux...
FARHAX.
Je ne souffrirai point qu'un étranger s'allie A ce sang généreux qui m'a donné la vie, A ce sang de ma race, à ce sang d'une sœur. Ce sang qui la fit naître et qui coule en son cœur. J'ai droit de soutenir l'honneur de ma famille. D'Abufar, en un mot , tu n'auras point la fille.
ABUFAR
De quel front sous tes lois me croyant eDcbaÎDer...