SCÈNE y
OEDIPE, ANTIGONE, LES DEUX HABITANTS , LES AUTRES HABITANTS DU BOURG DE COLOiXE, THÉSÉE , GARDES , LE GRAND - PRÊTRE , PRÊTRES DE LA SUITE.
LE GRAXD-PRÊTRE , à Œdipe.
Il sort du temple des Euménides.
Infortuné vieillard, Les dieux sur tes destins ont fixé leur regard. De la fatalité courageuse victime, Quand l'univers trompé ne voyait que ton crime, Ils ont vu tes vertus. Prince , dans ces climats Ce n'est pas sans dessein qu'ils ont conduit tes pas. Quel céleste flambeau dont la clarté m'étonne Dissipe tout à coup la nuit qui t'environne? Je vois fuir devant toi le deuil et le trépas. Tes malbeurs sont passés. JMars, le dieu des combats, Attache à ton cercueil les lauriers et la gloire-, Il doit être à jamais l'autel de la victoire -, Le monde y portera son encens et ses vœux.
arS OEDIPE A COLONE.
THÉSÉE
La mort consacre ainsi les héros malheureux.
Ah ! c'est pour adoucir son infortune extrême
Que le ciel sur mon front plaça le diadème.
Oui, peuple , écoutez-moi : je remets en vos mains
Un vieillard malheureux , le plus grand des humains.
Tâchez d'en obtenir, ardents à le défendre ,
Qu'il laisse à nos climats le trésor de sa cendre.
Adieu : souvenez-vous que c'est l'humanité
Qui sert de premier culte à la divinité ,
Que c'est en imitant sa bonté paternelle
Que notre encens l'honore et peut monter vers elle.
Et vous , vieillard auguste , à qui je tends les bras ,
Jusque dans mon palais daignez suivre mes pas.
FIN DU SECOND ACTE