‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 474 sur 489 · ANTIGONE, POLYNICE · texte numérisé non relu

ANTIGONE, POLYNICE

ANTIGONE

Ne me trompez-vous point? est-ce vous, Polynice? Vous , mon frère !

POLYNICE

Ah ! ma sœur , vous me rendez justice! Vous venez de frémir !

ANTIGONE

Mon frère , hélas ! pourquoi Soudain dans ce désert vous offrez- vous à moi? II. 24

28o OEDIPE A COLONE.

POLYNICE

Je VOUS ai fait prier de m'accorder la grâce D'un entretien secret.

ANTIGONE

Oui , Thésée , à ma place , Accompagne mon père, et lui donne mes soins.

POLYNICE

Nous voilà donc , ma sœur, tous les deux sans témoins! J'ai vu mon père et vous, lorsque vos pas timides Sous ces tristes cyprès cherchaient les Euménides-, Mais j'ai craint de paraître et de vous approcher.

ANTIGONE

Etranger dans ces lieux, qu'y venez-vous chercher?

POLYNICE

Pour l'armer avec moi contre un barbare frère ,

J'ai , ma sœur, à Thésée adressé ma prière;

Mais , hélas I c'est en vain. Je partais, et les dieux

ont daigné dans ce jour vous offrir à mes yeux.

Mes pas allaient , ma sœur, m'entraîner dans Athène ;

Déjà.... Mais dans ces murs , la nouvelle est certaine .

Tisiphone a parlé : sa voix condamne, hélas !

Le vertueux Thésée aux horreurs du trépas.

Rien ne peut le sauver. Dans Athène en alarmes

On n'entend que des cris , on ne voit que des larmes.

Mais ce qui me remplit d'une juste terreur ,

C'est du peuple aveuglé l'indiscrète fureur.

Oui , du ciel sur Thésée il croira que mon père

A par son seul aspect attiré la colère.

OEdipe est, dira-t-il, l'auteur de son trépas.

Hé! jusqu'où ses transports, ma sœur, n'iront-ils pas!

Comment cette fureur sera-t-elle apaisée?

Mais mon père sait-il le malheur de Thésée?

Oui , mon frère, il le sait. Muet dans son ennui ,

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