‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 65 sur 489 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

rom:éo.

Oui , Ferdinand , madame, exauçant mes prières, Veut réconcilier nos maisons et nos pères. Il prévient leur querelle ; il veut voir à jamais Régner dans ses états la concorde et la paix. Il doit venir ici, Montaigu doit s'y rendre; Et si ce doux espoir ne vient point me surprendre, Sa tentative adroite et ses efforts heureux Réuniront bientôt ces vieillards généreux. D'un si grand changement j'ai conçu l'espérance ; Mais sitôt qu'à nos yeux leurs cœurs d'intelligence Auront éteint leur haine , abjuré leur courroux , Dans ce même moment je tombe à leurs genoux. De ma naissance alors j'éclaircis le mystèrej On saura qui je suis ; j'embrasserai mon père. De notre hymen sacré les infaillibles nœuds Confondront leurs maisons , leurs intérêts , leurs vœux. Mais quelque sentiment de crainte et de tristesse Vient se mêler pourtant à ma vive allégresse. En sortant d'avec toi , sans l'avoir pu prévoir, De mon père, un instant, le hasard m'a fait voir. Il ne m'a point connu. Le temps sur son visage A tracé ses sillons, a gravé son outrage.

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