A MON RESPECTABLE AMI
JEAN-FRANGOIS DUCIS.
Aimable et bon vieillard, toi dont l'ame énergique
Ne ressent point des ans la fi-oideur léthargique,
Dont le talent, vainqn-eur de quatre-vingts hivers,
Garde encor sa jeunesse et sa flamme en tes vers;
O des douleurs d'OEdipe éloquent interprète.
Cher Ducis, quand tu viens visiter ma retraite,
Il me semble toujours voir entrer avec toi
L'incorruptible honneur, la franchise, la foi!
Sur tes beaux cheveux blancs qu'un vert lauriercouronne,
Des talens, des vertus, le double éclat rayonne;
Je pense que le ciel -daigne envoyer exprès
La sagesse vivante, et sous de nobles traits,
Pour m'en faire éprouver l'influence prospère,
Et que tu viens bénir mes enfans et leur père.
Le nom de ton ami m'est un titre d'honneur. Juge avec quel respect, juge avec quel bonheur J'accepte le présent que tu viens de me faire! J'ai lu, relu vingt fois cette épître si chère! Oh! combien je te dois! D'un ami qui n'est plus,
i36 EPITRES.
\)c (Jollin, cher ol>jot de regrets sripciflus.
La cendre se raninx; a tes vers, à nos larmes;
Tu peins avec amour et d'un ton plein de cliarines
Ses aimables travaux, ses champêtres loisirs,
Son clos, son petit bien pins f;rand que ses désirs.
Et le rare talent qu'il reçut en partafje,
Et sa maison des champs, paternel héritage'
Tes vers sont pour nous deux; je suis seul aujourd'hui;
Je n'ai pas le bonheur de les lire avec lui;
Sa muse dignement répondrait à la tienne;
Puis-je, hélas! te payer et sa dette et la mienne?
Essayons cependant. Mais qu'aurai-je à l'offrir? Voyons; je veux d'uii conte amuser ton loisir. Je donne ce que j'ai. Suspendant mon étude, Mes propres fictions peuplent ma solitude. Je m'entoure à mon gré de héros de mon choix; Ils viennent à mon ordre; ils sont là ; je les vois. Évoquons aujourd'hui du sein de Rome antique Un illustre vieillard, un auteur dramatique Dont le nom s'est sauvé du naufrage des temps. J'ai retrouvé de lui, parmi de vieux fragmens, Un fait que je te veux racanter; et peut-être Dans quelqu'un de ses traits vas-tu te reconnaître.
Cécile avait cent fois aux Romains enchantés Fail applaudir ses vers au théâtre chantés; Aux Muses consacrant sa longue et noble vie, Il avait regardé les trésors sans envie; Des honneurs et des rangs il ne fut point tenté; Mais sage, libre, heureux, il vivait respecté.
ÉPITRES. i37
Il vint un dos premiers polir un dur l.in{;ar;( ,
Et de Uouie ;idourir la rudesse sauvage.
Car tu sais (au colléjje Horace nous l'apprit)
Que lon(j-temps insensible aux plaisirs de Fesprit,
Ce peuple usurpateur, altier, ami des armes,
De la victoire seule idolâtrait les charmes;
Et ce ne fut qu'au temps où son pouvoir fatal
Eut enfin renversé la cité d'Annibal,
Qu'il fit des doctes Grecs la connaissance utile, •
S'informa de Thespis, de Sophocle et d'Eschyle;
Un rapide succès couronna ses travaux,
Et ses maîtres chez lui trouvèrent des rivaux.
Déjà ce nouveau jour qui commençait à luire Répandait le désir et le soin de s'instruire. Des plus nobles maisons les jeunes héritiers Associaient l'étude à leurs travaux guerriers. Scipion, Lélius, couple d'amis fidèles.
De valeur, de bon goût, émules et modèles, A Thalie en secret offraient un grain d'encens; La muse leur jeta des regards caressans; Ces deux jeunes héros goûtaient notre Cécile, Venaient le visiter dans son modeste asile, Confidens de ses vers encor sur le métier, Et sous un si grand maître heureux d'étudier.
Il aimait à tracer de tendres caractères, La piété des fils, les droits sacrés des pères, À peindre le méchant de remords combattu, A foudroyer le vice, à venger la vertu. Quittait-il le travail? Simple, naïf, aimable,
i38 li:i»ITRÎ::S.
Le front toujours ouvert, l'humeur toujours affable, Oubliant ses lauriers et sa {jloire d'auteur, Cécile était bon homme, et s'en faisait honneur.
Un jour, un inconnu» pour le voir se présente. Tout jeune, et n'ayant pas l'apparence imposante: Ses cheveux noirs, laineux, et son teint basané, Sous le ciel africain artestent qu'il est né; Moflestem*Jt vêtu, Tair encor plus modeste, Une çrace timide accornpafjne son {jcste; Dans ses yeux renfoncés on voit briller l'esprit; Sous les plis de sa toge un épais manuscrit Le fait pour un auteur aisément reconnaître.
Vieilli dans la maison, confident de son maître,
L'affranchi de Cécile introduit l'étranger,
Qui bégaye une excuse, et craint de déranger.
D'un regard paternel Cécile l'encourage :
« Voilà comme j'étais, lui dit-il, à votre âge,
<i Lorsqu'au vieux Livius(i) j'allai me présenter;
« Il me reçut fort bien , et j'aime à l'imiter.
« Que voulez-vous de moi? Quel sujet vous amène?»
A cet aimable accueil, qui le rassura à peine, Le jeune homme répond qu'il attend en effet
(i) Livitis ytndronicus, le plus ancien des poètes latins i;onnus. On rapporte ses commencemens à l'an 5i2 de la fondation dr Rome, vers la fin de la seconde guerre Punique.
Livi scriploris ab œvo.
Hon. , cp. I , lib. ?,
É PITRES. i3*,
Des bontés de Cécile nu irii[)<)iiaiit bifnf.iit. i On touche aux jours brillans des fêles de Cybèle;
< Dans cette occasion, et sainte et solennelle,
< Sur un vaste théâtre, aux Honiains rassemblés, 1 Des spectacles pompeux doivent être étalés.
i J'ose former peut-être un désir téméraire,
i Dit-il; mais si ma pièce à Rome pouvait plaire!
1 Si pour mon coup d'essai j'étais assez heureux...!
I L'un des deux magistrats qui président aux jeux,
I L'édile Fulvius, accueillant ma prière,
I De la {gloire consent à m'ouvrir la carrière:
< Mais d'abord, m'a-t-il dit, il faut qu'en m'éclairant 1 Un suffraffe fameux vous serve de {garant;
i Allez lire un matin votre ouvrage k Cécile;
I II est maître en votre art. En disciple docile
« Je viens solliciter vos leçons, votre appui...
( — Ah! que me dites-vous? Apprenez qu'aujourd'hui
1 Tout exprès je termine une pièce nouvelle;
( On me l'a demandée; on excitait mon zèle;
( Nos édiles eux-même (ils l'ont donc oublié)
i A plus d'une reprise instamment m'ont prié
i D'animer leur théâtre et d'embellir leur fête.
( J'ai travaillé long-temps; ma comédie est prête;
I La voilà! Comment faire? Ah! vous venez trop tard.
( — Je connais mon devoir en ce fâcheux hasard;
( J'aurai du moins la joie, ajoute le jeune homme,
«De mêler mes transports aux hommages de Rome,
« D'entendre proclamer votre nom glorieux;
< Jevousqnitte. » — Enparlant,despleursmouillaientsesyeux. (Eh! quoi! de vos chagrins c'est moi qui suis la cause?
< De votre ouvrage au moins lisez-moi quelque chose.
tio KPITP. ES.
« -* Ah! vous me consolez, l^our moi c'est un succcs
Cl Que vous daigniez prêter l'oreille à mes essais.
« — Asseyez-vous. Lisez, Un peu plus d'assurance.
« Comment vous nommez-vous? — Je m'appelle Tcrencc.
« — Mon clier Térence, allons; je vais v(ms écouter.
u Notre art est difficile; il nous faut consulter
« Sur nos productions un ami sûr, sincère;
« Et nous serons amis, vous et moi, je l'espère. »
Le jeune auteur de'roule alors son manuscrit,
Approche un humble siège, et s'y place, et rougit.
Il commence en tremblant une première scène,
Vrai chef-d'œuvre!... Il lisait cette belle Andrienne!
Cécile écoute, admire, enfin est transporté:
« O ciel! quelle élégance, et quelle pureté!
«Votre exposition est nette, naturelle;
« C'est ainsi dans son art quand le poète excelle^
(I Que l'art même s'efface... Où donc avez-vous pris
« De ce style enchanteur l'aimable coloris?»
Plus la lecture avance, et plus le vieux poète
Applaudit au lecteur: a Cette pièce est parfaite;
a Continuez, mon fds; j'attends le dénouement,
« Et puis je vous dirai quel est mon sentiment. »
Lorsque enfin il arrive à la dernière page:
« Ne pas jouer cela!... Ce serait bien dommage!
u Je veux vous y servir, dit Cécile; je dois
« Des édiles, pour vous, déterminer le choix.
(i Ils m'en remercîront en voyant l'Andrienne.
« Térence, vous serez l'honneur de notre scène.
«Il vaut mieux que mes vers cette fois soient perdus^
«Et que je laisse à Rome un poète de plus..
K PITRES. i4f
tt Je sers l'art et moi-même en vous rendant service. „ — KJi! quoi! vous me feriez un si ffraïul sacrifice? « Et j'obtiendrais de vous cet appui (fenéreux? Il — Surpassez-moi, mon fils; je serai trop heureux.» Il l'embrasse à ces mots. Cécile tint parole.
Bientôt on entendit aux murs'du Capitole Tout un peuple cliarmé par le jeune Africain, Lui donner le surnom du Menandre romain. Son vieil ami jouit de sa naissante gloire.
Qile nous devons, Cécile, honorer ta mémoire! Ah! quand le temps, jaloux de tes nombreux travaux. Ne nous en a laissé qu'à peine des lambeaux, Cette bonne action, digne de nos hommages, Doit nous faire encor plus regretter tes ouvrages.
Eh bien! ce trait touchant de sublime bonté, Je te connais, Ducis, il ne t'eût rien coûté; Qui jamais moins que toi connut la jalousie? Digne amant de la gloire et de la poésie, Heureux de tes succès, mais sans t'en éblouir, De ceux de tes rivaux tu sus encor jouir; Tu vis avec transport naître sur notre scène Plusieurs jeunes talens, l'amour de Melpomène; Tu suivis de tes vœux leur glorieux essor : Aussi tous, contemplant, dans leur digne Nestor, L'accord d'un beau talent et d'un beau caractère, T'ont nommé leur ami, leur modèle et leur père.
i4a ËPITRES.
A MON AMI KIGHARD.
Ami , que de bonne heure ont vivement frappé Et la mort si soudaine , et le temps si rapide ,
Qui, de ce monde détrompé, Courus souvent, pensif, de Dieu seul occupé, Le chercher au désert, dont ton cœur est avide; Nous avons quelquefois, dans des bois ténébreux,
Quand les vents plaintifs de l'automne
Courbent le chêne qui frissonne.
Et font voler au loin les feuilles devant eux , Nous avons ri du monde et des biens qu'il nous donne
« Eh ! mon ami , nous disions-nous,
« Pour être sages, soyons fous.
« Que nous font et sceptre et couronne''
« Ces biens dont il est si jaloux,
« Fuyons-les, nous les aurons tous.
Il Le monde est à qui l'abandonne. »
Mais par ce monde , hélas ! encor trop cai'essé ,
Je ne me suis point enfoncé
Comme toi dans la Thébaïde.
ÉIMTRKS. 143
Et s'il inc faut tout dire, au lieu (Fun clair ruisseau, Trop souvent vieux pécheur, pénitent peu rijjitie, Avec quelques mondains, en parlant mal de Teau, J'ai bu, non sans plaisir, tout frais de mon caveau, D'un joli vin d'Arbois, dont il n'est jamais vide. Ce ré(jime, Richard, n'est point du tout dévot; Mais il est coulant, c'est le mot.
Ah! quand la mort soudain nous rappelle au calvaire, Qu'un ami qui craint Dieu nous devient nécessaire ! Que sa chrétienne main nous ouvre de trésors !
On ne demande point alors Si son front est trop grave, ou sa voix trop sévère. Il place auprès de nous cet éloquent flambeau Qui nous dit : « Pense à toi, c'est ton heure dernière. " Il y met à genoux le zèle et la prière. Sur mon lit de douleur se lève un jour nouveau. Quand je sors de ce monde , il m'enfante pour l'autre.
Et mon ami , c'est mon apôtre , Qui m'affermit tremblant sur le bord du tombeau. Que l'amitié chrétienne est noble, utile et siire! Elle nous vient du ciel, et non de la nature. Quels qu'ils soient, dans son sein les mortels sont égaux. Que s'y dispute-t-on? Des vertus et des maux. Mais qui diviserait des cœurs que Dieu rassemble? Par lui , dans lui , pour lui , l'amour les lie ensemble. Déjà hors de ce monde, au ciel ils sont admis; Et, n'étant point rivaux, ne sont point ennemis.
i44 ÉPITKES.
O paix inaltérable! ardeur vive et réleste!
Par vous on sert Dieu seul ; on souffre tout le reste.
Ami , par ta retiaitc heureux et proté{]é,
Tu j^joûtr.is ses douceurs, lorsque j ai voya^jé.
Le destin s'en mêla. Jamais, par caractère,
Je n'eusse été, je crois, voyageur volontaire.
Auprès de mon foyer, j'eusse aimé cent fois mieux
Vieillir liumhle habitant du toit de mes aïeux,
Que revenir chargé (pauvre des biens du sage)
De luxe, d'avarice, et de tout l'or du Tage.
Tout projette en ce monde, et s'agite; eh! pourquoi?
C'est pour ne pas savoir vivre en repos chez soi.
Mes courses cependant n'ont pas pu me distraire De ce commode instinct qui m'a fait solitaire. À Dresde j'ai vu l'Elbe, et l'Odei' à Breslau, À Vienne le Danube, à Prague la Moldau.
C'est là que, sur un pont antique.
Digne ouvrage des rois, monument catholique
Par les douze apôtres paré , Dans le jom- éclatant d'un été magnifique, Vint m'offrir son front pur, d'étoiles entouré. De la confession le martyr révéré.
Ce saint jeune et célèbre est Jean Népomucène. Confesseur d'une belle, et chaste, et tendre reine. Pressé, cent fois pressé par son injuste époux, De trahir ses secrets, tourment d'un cœur jaloux, Ce roi, pour le séduire, employa les caresses,
L'attrait d'un grand pouvoir, et faveur, et promesses. Vains efforts ! —Obéis! — Non. — Je le veux! —Jamais. Sur son ordre, à ce mot, du haut de son palais Que baigne la Moldau de ses grottes profondes, Déjà d'affreux soldats Tont jeté dans ses ondes. Triomphez, triomphez, prêtre du Dieu vivant. La Moldau vous reçoit dans son gouffre écuraant, Elle est votre tombeau ; mais une fin si belle A mis dans votre main une palme immortelle. On m'a montré la place où son front rayonnant De cinq étoiles d'or se ceignit en tombant. Aussi sur tous les ponts, dans la Bohême entière, On salue, en passant, une image si chère. Cet ange du silence, au fond des eaux plongé, Du livre des sept sceaux , aux pieds de Dieu, chargé. Le flot , sous tous les ponts , semble , exprès plus rapide , Fêter de la Moldau le martyr intrépide. Il n'est point de beauté qui, d'abord, au printemps, Du front du jeune saint, protecteur de ses champs, Des plus bnllantes fleurs n'orne encor les étoiles. De ton secret divin épaississant les voiles, Sainte religion, comment accomplis-tu (Lorsque la loi, l'autel, le trône, est abattu, Quand de mœurs sur la terre il n'est plus de vestige) D'un silence éternel l'incroyable prodige? Mais sur tant d'autres lieux , sur tant d'autres états , Où le désir de voir eût pu tourner mes pas. Que n'ai-je au sein de Londre, en méditant sur Ihomme , 3. 10
i46 ÉPfTRES.
Vu le sceptre des mers , et vu la croix dans Rome ! Mais je ne me perds pas dans des sujets si grands. Homme et simple poëte, assis dans ces deux rangs, Que des rois, des Etats, les moiunuens m'échappent, Ce sont les (grands talons, lesfjrands noms qui me frappent. Pourquoi courir si loin voir d'illustres tombeaux , Quand s'offrent à nos yeux tant de nobles berceaux? Où donc est né Pascal, La Fontaine, Molière, Corneille, Hossuet, Montaigne, La Bruyère, Descartes, Montesquieu? Mais il est dans nos cœurs Des songes, des vœux sourds, des goûts toujours vainqueurs. Chacun rêve à son gré; chacun , à sa manière, Se fait une patrie , un bonheur sur la teiTC.
Cher canton d'Appenzel ! ah ! lorsqu'au doux printemps
Tout verdit sur ses monts, dans ses prés, dans ses champs ,
Que n'ai-je vu jadis y fêter la jeunesse.
Vivant tableau d'amour, de mœurs et d'alégresse!
Avant que de mourir, que n'ai-je au moins chanté
De ce jour solennel ce qu'on m'a raconté.
Ces danses , ces pasteurs offrant aux pastourelles ,
Pour dons, de simples nids, pour dons, des fleurs nouvelles;
Tout un monde si jeune, agneaux, amans, époux.
Leurs chants.. îComment vous peindre en vers dignes de vous
llis naïfs, purs festins, innocentes images.
Que Paphos ne connut jamais sur ses rivages?
N'existeriez-vous plus, spectacles pleins d'attraits?
Ne fourniriez-vous plus de vers qu'à mes regrets'''
ÉPITRES. j47
Mes regards de vous voir étaient dignes peut-être. Du pays des bergers deviez-vous disparaître? Adieu, chastes tableaux, qui ne lassez jamais ! Hélas ! ce fut mon sort : poëte humble et champêtre, Né pour vivre content, forcé de ne pas l'être.
Je n'ai vu que ceux que je hais.
Quel cœur n'a pas gémi de ses peines muettes?
Moi, j'en porte aussi de sécrètes
Dont je soupire , et que je tais.
Tout passe avec le temps , tout s'altère et tout change : Vice, vertu, douleur, plaisir, tout est mélange; C'est une coupe à boire, et Dieu nous la mêla : Jusqu'au fond, douce, amère; il le faut, buvons-la. Mais pour ne pas souffrir il faudrait être un ange. Souffrons donc, Dieu le veut. Toujours il s écoula De son intarissable et facile clémence ,
Lorsque plus forte est la souffrance ,
Un baume qui la consola.
Oh! quel tourment! Souffrons; encor! Nous y voilà-
C'est l'instant de la récompense.
Plus d'horloge et de temps. L'éternité commence. Nous mourions : allons vivre. Ami , la tombe est là. .
i48 ÉPITRES.