‹ OEuvres (volume 3)Chapitre 54 sur 97 · LE SAULE DE L'AMANT · texte numérisé non relu

LE SAULE DE L'AMANT

Humble Saule, ami du mystère, Que je me plais sous tes rameaux

POÉSIES DIVl-HSES. 3i9

Je chéris, amant solitaire, Comme toi, le bord des ruisseaux.

Ta feuille pâle, enchanteresse, Qu'agitent les moindres zéphyrs , Inspire aux cœurs une tristesse Qui vaut mieux que tous les plaisirs.

La prairie aime le murmure Du ruisseau qui la suit toujours ; Sur eux tu penches ta verdure Pour mieux entendre leurs amours.

Ta feuille est mobile et tremblante ; Tu me peins l'Amour qui frémit :

Elle est douce , elle est languissante ; Tu me peins l'Amour qui gémit.

Que le myrte croisse à Cythère, Qu'il pare les Ris et les Jeux, Ta feuille m'est cent fois plus chèie : Je suis un amant malheui-eux.

L'espoir n'adoucit point ma chaîne, Pour jamais mon cœur doit souffrir; Mais plus je me plains de ma peine , Et plus je craindrais d'en guérir.

3ao POÉSIES DIVERSES.

Doux Saule, accrois mon esclavage, Fais-moi jouir de mon tourment.

J'aime... O bonheur! sous ton ombrage, Que j'aime encor plus tendrement !

À tes pieds dormait ma bergère , Lorsqu'elle eut mon premier soupir.

Ah! c'est là que je vis Glycère, Ah ! c'est là que je veux mourir.

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