‹ OEuvres (volume 3)Chapitre 55 sur 97 · LE SAULE DU SAGE · texte numérisé non relu

LE SAULE DU SAGE

Saule , que j'aime ton ombrage !

Qu'il plaît à mon œil attendri !

La vie, hélas ! n'est qu'un orage :

Voudrais-tu m'offrir un abri?

J'ai long-temps bravé la tempête; Saule, je viens mourir au port.

Sous les vents tu courbes ta tête !

Tu m'apprends à céder au sort.

Auprès de la cabane obscure Tu nais, tu vieilhs, et tu meurs;

POÉSIES DIVERSES. 3ai

Là sont le calme et la nature :

Chercherais-je encor les grandeurs?

Du ruisseau , dans ma rêverie , J'entends fuir et murmurer l'eau; Il ne peut quitter la prairie , Tu ne peux quitter le ruisseau.

Confident de ce doux mystère , Tu caches leurs jeux , leurs détours :

Crains-tu qu'une jeune bergère Ne remarque trop leuis amours?

Ah ! que ta fleur est douce et tendre ! Combien sa pâleur m'a charmé !

Lisette alors pouvait m'entendre.

Ce n'est plus le temps d'être aimé.

Il est un Saule pour le sage , Il est un Saule pour l'amant; Le premier convient à mon âge; Mais , hélas 1 que l'autre est charmant i

Adieu , Saule de la tendresse !

J'eusse à tes pieds voulu mourir.

Voilà celui de la sagesse :

C'est donc lui que je dois choisir !

jip.'î POÉSIES DIVERSES.

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