‹ OEuvres (volume 3)Chapitre 6 sur 97 · A MADAME DE · texte numérisé non relu

A MADAME DE

Oui , jeune et charmante Pauline , Vos vertus , votre ardeur divine , Vos entretiens religieux , M'ont fait sentir leur grâce austère.

On le voit : vous tenez des cieux Le talent rare ht précieux De toucher, d'instruire et de plaire.

Très aimable Missionnaire , Oh ! rendez nos mondains pieux !

Votre éloquence est naturelle; Ses traits ne sont point préparés :

Tout simplement vous discourez Comme vous êtes bonne et belle.

Votre cœur est compatissant :

Ainsi vous aimez saint Vincent , Votre guide et votre modèle , Et toujours sans art éloquent.

Quand sous le regard imposant

De tant de dames opulentes ,

Par leurs rangs , leurs noms , éclatantes ,

Il mit tant de pauvres enfans,

Abandonnés dès leur naissance

Par le vice ou par l'indigence ,

Faibles, tout nus et gémissans,

Que leur dit-il? « Or sus ! mesdames ,

« Vous êtes mères , sœurs , et femmes ;

« Vous voyez ces petits : hélas !

« Ces petits vous tendent leurs bras ;

« Ils n'ont plus que vous sur la terre ;

« Les voilà couchés sur la pierre :

« Vivront-ils? ne vivront-ils pas?

« Prononcez, mesdames. » Il prie,

Joint les mains. On pleure, on s'écrie :

« Ils vivront ! ils vivront ! » Soudain

Pleuvent dans ses bras , sur son sein ,

Les parures les plus pompeuses ,

Les perles les plus précieuses ,

Les bagues , les colliers brillans ,

Les bracelets étincelans.

Pauline ! oh ! comme en ces momens ,

Dans cette sainte et douce ivresse,

Vous auriez avec alégresse

Jeté vos plus beaux ornemens ,

Souhaitant qu'au prix de vos charmes

Le ciel multipliât vos larmes

Pour les changer en diamans !

Par SCS prêtres dans nos campagnes , À travers les bois, les montagnes, Quand ri']v;in{{ile ôtult porté, Il leur disait d un air céleste :

« Travaillez , Dieu fera le reste ; « C'est le Dieu de la charité. »

S'il porte à la noire imposture , À l'impie, au lâche assassin, La terreur du courroux divin, Il porte à l'indigence obscure, À la jeunesse active et pure.

De l'or, des fuseaux , et du lin.

C'était riioramo de l'Évangile.

Aux champs , à la cour, à la ville , De qui n'était-il pas l'appui?

Quoique approchant du diadème , Toujours très pauvre pour lui-même, Toujours très riche pour autrui.

Mais le ciel veut punir la terre :

Il l'ébranlé à coups de tonnerre; Il verse à grands flots sa colère.

Vingt peuples vont mourir de faim :

Eh bien ! c'est un chétif humain , * C'est ce villageois qui les prôrie , Ce vieillard demandant l'aumône , Qui saura leur donner du pain.

Voilà, Pauline, les miracles

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Qu'humble vainqueur de tant d'obstacles

Opéra ce prêtre divin.

Comme en lui, quand dans sa misère

Le pauvre en vous clierclia sa mère,

La chercha-t-il jamais en vain?

Par-tout sans cesse on vous implore ;

Vous donnez , vous donnez encore :

Votre cœur n'a jamais compté.

Je vois dans vos yeux la bonté,

Sur votre front la pureté.

Dans tous vos traits la dignité.

Sans faste et sans froideur écrite.

Toujours sur vos lèvres habite

Le sourire, la vérité.

Dès l'enfance „ à la charité ,

Dans vous avec simplicité

Une mère instruisit sa fille ;

C'est un propre , un bien de famille ,

Et vous en avez hérité.

Plus d'une dame vous imite;

Même penchant les sollicite

Et vous met en société.

Tant mieux! la douce Piété,

Et sa sœur l'aimable Gaîté,

Et la Paix fjui marche à sa suite.

Embellit encor la beauté.

C'est une grâce temporelle ;

Mais ce rien peut être compté :

6o É PITRES.

Saint Vincent n'est point ii rite Qu'on vous trouve et (charmante et belle. Comme il voit d'un œil nnchantc Vos beaux noms pour réternité Tous écrits en lettres de flammes !

Portant dans son cœur, et les Dames, Et ses Sœurs de la Charité.

O vous que ma muse révère, ' Famille à l'Église si chère, Dont , hélas ! la fureur des vents.

Une tempête meurtrière.

Ne nous priva que trop long-temps, Et que le ciel rend à la teire; Sous vos asiles généreux .

Vous rentrez, et les malheureux A vos soins vont encor s'attendre.

Sous un ciel dur et désastreux , Votre cœur conserva pour eux La maternité la plus tendre , Et vous n'aviez plus qu'à reprendre V^os habits, et non pas vos vœux.

Par vos saints travaux, ô Pauline!

Dès long-temps vous êtes leur sœur :

Ce nom cher et plein de douceur Aux mêmes palmes vous destine.

Quand vos discours nous ont touchés , Nous sentons bien de quels péchés

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Mous devons sur-tout nous dcfendre.

Ah ! gardez ce cœur noble et tendre,

Et ce front déjà radieux ,

Et ce cœur si religieux,

Qui nous plaint de tant de méprises.

Hélas ! dans d'éternelles crises ,

Dupes d'un monde insidieux,

Nous cherchons la paix en tous lieux;

Vous la trdwlez où Dieu la mise.

'Vous édifiez à l'Église,

Et pcU'-tout vous charmez nos yeux.

Soyez notre sœur la plus chère,

Très long-temps l'ange de la terre.

Bien taid, bien tard Tange des cieux.

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