LETTRE PREMIÈRE
Je vais relire OEdipe, mon cher ami, et sûrement je le relirai avec un nouveau plaisir, comme on revoit toujours ses amis avec intérêt, et les grands caractères avec admiration. Après avoir lu, je vous parlerai avec ma franchise accoutumée, et je vous soumettrai mes juçemens : si nous ne sommes poii. , d'accord, M. d'Angivillers sera en tiers entre nous: vous connaissez son ardente amitié pour vous, et le zèle qu'il prend à vos succès; je lui dispute ces deux sentimens, comme vous savez bien. Ma sœur et moi nous regrettons fort le temps que vous avez passé ici avec nous; j'espère que ces jours heureux pourront revenir, s'ils ne vous ont point ennuyé : vous pourriez, dans le mois de septembre, venir passer une semaine ou deux, comme vous avez fait la dernière fois; nous nous réunirions aux heures du repas et à la promenade. Les journées d'automne, à la campagne, ne sont pas défavorables à la méditation et au génie. Adieu , mon cher ami ; je vous embrasse. Ma sœur me charge de mille choses pour vous.
4i8 CORRESPONDANCE