LETTRE XI
Nice, le 3i janvier 1783.
Je ne vous écris que quelques lignes, mon rlier ami, pour vous féliciter de votre succès, et vous remercier de me l'avoir annoncé tout de suite. V^ousavez ]UQé démon impatience par mon amitié pour vous, et vous ne vous êtes pas trompé. Voilà donc un nouveau triomphe, et qui me paraît bien éclatant. Que de larmes doivent couler! que d'applaudissemens doivent retentir! Ah! je regrette de n'être pas témoin de votre gloire; mais vous savez bien que mon cœur y assiste et ne perd rien de vos succès. Ma sœur a jeté un cri de joie quand je lui ai appris cette nouvelle. M. Barthe m'a paru enchanté, et il se propose de vous écrire. Nous étions à table; il semblait qu'il nous fut arrivé à tous l'événement le plus heureux, et nous avons bu à la santé du triomphateur. Voilà, mon cher ami, des forces nouvelles pour un nouvel ouvrage ; car rien n'alimente le génie comme la gloire. Quel moment pour votre mère , pour vos aimables filles ! Leur bonheur, mon cher ami, doit ajouter au vôtre, et mêler à ce bruit des succès quelque chose de plus délicieux et de plus tendre qui ne les accompagne pas toujours. Oui, vous serez le poète de la nature; vous le serez par vos sentimens et par vos ouvrages. C'est de vous qu'on dira :
La mère en prescrira la lecture à sa (iilc.
Donnez-moi des détails , quand vous pourrez m'en <lonner, quand vous respirerez de tout ce fracas; car les
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ffeiis heureux nni tant d'arnis! Adieu, mon r.lier arui , je vous embrasse bien tendrement et de tout mon creur, comme je vous aime. Vous avez «lii recevoir une lettre de moi où était votre épitre. Quand votre pièce sera imprimée, faitos-la-moi tenir, s'il est possible, sous contre-seing, jusqu'à la Irontière.