LETTRE XIV
Paris, ce 2 juin 1784-
Je vous félicite, mon cher ami, de l'beureuse nouvelle que vous m'annoncez. Après avoir i)ayé un lon{^ tribut de douleurs à la nature, puissiez-vous être enfin heureux et tranquille! Puisse enfin votre cœur se reposer! Je désire bien vous embrasser et vous voir, pour partager tous vos sentimens. Il y a long-temps que nous sommes séparés; mais je me flatte que nos cœurs sont toujours ensemble. Nous sommes accoutumés à voir les objets de la vie sous la même face, et nous avons peu d'opinions différentes; je suis seulement un peu plus lié au tumidte de Paris, mais sans l'aimer plus que vous. J'espère bientôt me sauver avec vous dans les bois de Marly , et y passer un mois ou deux; mais il faut, comme ma soeur vous l'a dit, que vous veniez à notre secours, et que vous nous prêtiez tout ce que vous pourrez, sans vous incommoder; car ma sœur n'ose monter un ménage pour si peu de temps, et à la veille d'un départ. Nous passerons au moins ce temps ensemble, et ce sera, je vous l'assure, un des temps les plus doux de ma vie. Là, mon ami, nous nous embrasserons, nous nous renouvellerons foi et amitié sous ces mêmes arbres qui nous ont vus si souvent nous promener ensemble; j'aurai du pLiisir à y retrouver les traces de nos sentimens et de nos idées. Nous parb^rons deJMarbelb et d'Otbellor, nous parlerons aussi quelquefois du cxar: mon ame tâchera
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<îe se monter ;iu ton (\c la votre, cl de s'élever, s'il ent possible, jiisfjii'a votre simplicité si éneqjiijue et si louchante. Adieu, adieu ; je vous emhrasse du fond de mon cœur, (Tim ca-ur qui est éteiiullement à vous, tant qu'il battra, et qu'il aura un mouvement.