ACTE II, SCÈNE II
MERVILLE
Et... que vous disait-on ?
LABROSSE
La maligne soubrette , Sans trahir sa maîtresse , en courrilre discrète , Venait tout simplement, sitôt que le jour luit, S^informer si Monsieur a bien, passé la nuit. Mais on me laissait voir, d'une façon très-claire...
MERVILLE
Et ma toilette , enfin , vous plait-il de la faire ?
LABROSSE
Quand vous voudrez , Monsieur.
MERVILLE
Donnez-moi mon habit.
( II se met devant une glace pour passer son habit. )
J'ai les yeux tout battus... Ce miroir-là jaunit... Les glaces aujourd'hui sont vraiment odieuses... On ne sait plus du tout les faire avantageuses Comme autrefois...; c'était un plaisir de s'y voir!..
LABROSSE
Tous les arts parmi nous ne font plus que déchoir.
MERVILLE
Oh! non pas, s'il vous plaît... Nous avons le théâtre... La nouvelle danseuse , hein ?... j'en suis idolâtre... Et je la soutiendrai fortement , pour ma ^art.
LABROSSE
Vous avez vos raisons ?
MERVILLÈ.
Non; pur amour de l^art.
Labrosse, sais-tu bien qn'à Paris on s^ëtonne De voir qu^à la campagne ainsi je m'emprisonne ? J'y: suis depuis un mois... Madame de Sergi...
LABROSSE
Cousine de Constance ?
MERYILLE.
Oui . . .. m'attirait ici • • .
J'y Tins pour elle.. Hélas!., pour une autre j'y reste.
LABROSSE
Vous ne dites pas tout... tous m'entendez de reste... La dame avait pour vous des bontës...
MERYILLE.
T6t ou tard Cela {ftt arrivé , sans son brusque départ... Mais ne trouves-tu pas le tems frais, l'air humide?
LABROSSE
Humide P non.
Si fait. La saison est perfide.
LABROSSE
Oh ! tris-mal saine.
MERYILLE.
Au point que j'ai cru ressentir..;
LABROSSE
Quoi donc P
MERYILLE.
Ha sciatique. A ne te point mentir,