ACTE I, SCÈNE VIL
nOMBERT.
J'y serais disposé , )e vous en fais l'avea , Si je pouvais songer à m^ëtablir en France.
Mais votre frère aurait , \e crois, la préférence.
GERMAIN
Adolphe?... vous croyez?
HOMBERT
J'en suis presque certain , Et n'en suis point jaloux. Mais , de grâce , Germain , Revenez au récit que vous vouliez me faire Quand nous sommes entrés.
GERMAI17.
Je vais vous satisfaire , Et vous y prendrez goût : car je vous connais bien ; Tout en gardant Tair froid , le flegme prussien , Vous aimez Tépigramme, et vous pincez sans rire.
HOMBEHT.
Oh! beaucoup moins que vous . Mais que vouliez-vous dire ?
GERKAIlï.
Or écoutez-môi bien; je ne meQs pas d'un mot. Vous saurez qu'à Paris , mesdames Jaquinot , Ma tante et ma cousine , entre autres ridicules , Ont apporté celui d'être des plus crédules.
En £atce de chez moi , loge dans un grenier, Une sorcière illustre, oracle du quartier.
Dans son noble taudis souvent la foule abonde ; On vient la consulter de l'autre bout du monde. II. 3
Peut-on sMmaginer qu'au milieu de Paris , Séjour et rendez-vous de tant de gens instruits, On donne en ces travers dans le tems où nous sommes ?
GEHMÂIN.
Comment ? Chez ma sorcière il va même des hommes , Et beaucoup. On les trompe , allez , sans grand effort : Ce sont leurs passions qui les trompent d'abord. L'avarice , et Porgueil , et Tamour sont crédules. Pour moi, je ris des gens quand ils sont ridicules. Un matin que j'étais à travailler chez moi , , Seul, dans mon cabinet, tout-à-coup j'aperçoi Ma tante Jaquinot, ma cousine Céleste...
HOMBERT
Céleste? en vérité, le nom n'est pas modeste»..
GERMÂIK.
De l'antique sibylle aborder le séjour.
HOMBERT
Bon!
GERMAIIT.
Après leur départ , j'y courus à mon tour, Et pour quelques écus , comme vous pouvez croire , J'obtins de leurs secrets l'intéressante histoire. On m'apprit qu'à Paris , leurs vœux prenant l'essor, N'aspiraient à rien moins qu'à trouver un trésor.
HOMBERT
Un trésor ?