CONSTANCE, SOPHIE
COHSTAI^CE.
Il nous quitte , Sophie.
SOPHIE
Oui ; je Tai vu partir.
Et crois-tu que jamais il puisse revenir ?
II est loin de penser , hëlas ! que c'est moi-même Qui trahis son secret, et romps son stratagème; J'ai tout dit à mon père , et ne m'en repens point.
Si vous aviez de moi pris conseil sur ce point , Je vous aurais très-fort engagée au silence.
Je croyais avoir droit à votre confiance; Je la mérite au moins par mon. attachement.
Bonne Sophie !... Eh bien! tu sais tout maintenant; Tu connais mon malheur , quand il est sans remède.
SOPHIE
Pourquoi désespérer .^••. Souffrez que je vous aide.
Charle d'abord n'est pas Téponx qui vous confient , Et da jeune officier le bon air me revient; C'est l'ëponx qu'il vous £aiat.
ITest-il pas vrai, Sophie ?
SOPHIE
Et s'il a quelque tort, l'amour le justifie; On doit lui pardonner.
Sans doute : il m'aime tant !
SOPHIE
On pourrait rompre encor l'hymen qui tous attend.
Veux-tu que je te dise , enfin , ce que je pense ? J'ai cru m'apercevoir d'un peu d'intelligence Entre Charle , qu'on yeut me donner pour mari ^ Et ma cousine. ••
Eh ! quoi ? madame de Sergi !
CONSTAI^CE.
Oui. S'ils s'aimaient tous deux, le projet de mon père Serait fort dérangé.
SOPHIE
Ne VOUS y fiez guère.
A tous nos' jeunes gens Charle doit ressembler. Ces messieurs , aujourd'hui , savent tous calculer. Madame de Sergi n'a pas grande fortune ; Mais , en yous épousant , Charle en trouverait une;