ACTE m, SCÈNE IV
3t parlai vivement; agitée , incertaine^
Elle me regardait et respirait à peine ;
Un secret de son cœur semblait prêt à sortir. . . .-
Par malheur , arriva le moment de partir;
Il fallut la quittter; mais j'ai lu dans son ame
Les timides progrès d'une naissante flamme !
Sois sûr qu'à demi-mot on m'a bien entendu...
LABEOSSE.
Oui?...
HERVILLE.
J'ai serre la main, et Ton m'a répondu!
LABKOSSE.
Cela va bien, Monsieur; poursuivez; encore une. Je viens vous confirmer votre bonne fortune.
MERVILLE
Tu ris!... Comment cth? Voyons... par quel moyen?
LABEOSSE.
On vous demande ici, ce soir, un entretien, En grand secret.
MERVILLE
Vraiment ?. . . Qui ? Constance?
LABROSSE
Elle-même.
Je sais par£ûtement combien elle vous aime.
MERVILLE
Tu le sais ?
A merveille ; et je tiens ces secrets II. ' i5
aa6 LE VfEUX FAT.
De quelqu^un que j'ai mis dans tous vos intérêts. Si je vous répétais ce que m'a dit Sophie !
MERVILLE
La femme de chambre ?
LÀBROSSE.
Oui. J'en ai fait mon amie.
Comme sur sa maitresse elle a de l'ascendant...
MERVILLE
C'est bien fait... c'est agir en parfait confident.
LABROSSE
Vous sentez qu'il m'en a coûté des bagatelles ; Quelques petits cadeaux de rubans, de dentelles...
MERVILLE
Il faut te rembourser.,. Tiens, prends ces dix louis. Est-ce assez ?
LABROSSE
Ah! Monsieur!
MERVILLE
£h! prends donc.
J'obéis.
A propos, je vous puis dire une autre nouvelle Qui vous fera plaisir , je pense.
MERVILLE
Quelle est-elle ?
LABROSSE
L'architecte est parti , sans prendre son congé.
AoIe III, SCÈNE ÏV.
MERYILLE.
Que dis-ttt ?. . . L'architecte ? . . . ^
LÀBROSSE.
Est d'ici dëlogë, On ne sait pas pourquoi.
MERYILLE.
Moi , j'en sais quelque chose :
De ce brusque départ , c'est moi qui sub la cause. De mes intentions je l'avais averti.
Je suis fâché qu'il ait si tàt pris son parti , J'aurais poussé, parbleu! vivement la querelle; J'aurais prouvé par-là mon amoiir à ma belle , Et j'aurais mérité de lui plaire encor plus.
Vous formez là 9 Monsieur, des vœux bien superflus.
MERYILLE.
Il faut me décider , faire une fin... Labrosse , Si je te fais ici bientôt voir une noce ?
LABROSSE
Vous, Monsieur.^
MERYILLE.
Voyons; c'est ton avis que je prends.
Me marierai-je , ou non ?, . . Penses-tu qu'il soit tems ? Parle.
LABROSSE
Il faut réfléchir là-dessus.
MERYILLE.
Moi , j'hésite.
Je puis attendre.
mS le vieux
LABROSSE
Ob! oui. Que sert d'aller si^ite?
MERYILLE.
Ttt penses?
LABROSSE
Comme vous.
D'une autre part , je yoi Qtt^onrisque à trop tarder.
LABROSSE
Oui, Ton risque...
MERYILLE.
Dis-moi Ton avis ?
LABROSSE
Mon avis...
MERYILLE.
C'est?...
LABROSSE
C'est. • • je vous conseille. .
MERYILLE.
J'épouse.
LABROSSE
D'épouser. C'est penser à meryeille.
Votre ayis est le mien ; je le dis bardiment.
MERYILLE.
Je suis bien use, ami, d'ayoir ton sentiment.