‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 135 sur 253 · ACTE m, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IV

3t parlai vivement; agitée , incertaine^

Elle me regardait et respirait à peine ;

Un secret de son cœur semblait prêt à sortir. . . .-

Par malheur , arriva le moment de partir;

Il fallut la quittter; mais j'ai lu dans son ame

Les timides progrès d'une naissante flamme !

Sois sûr qu'à demi-mot on m'a bien entendu...

LABEOSSE.

Oui?...

HERVILLE.

J'ai serre la main, et Ton m'a répondu!

LABKOSSE.

Cela va bien, Monsieur; poursuivez; encore une. Je viens vous confirmer votre bonne fortune.

MERVILLE

Tu ris!... Comment cth? Voyons... par quel moyen?

LABEOSSE.

On vous demande ici, ce soir, un entretien, En grand secret.

MERVILLE

Vraiment ?. . . Qui ? Constance?

LABROSSE

Elle-même.

Je sais par£ûtement combien elle vous aime.

MERVILLE

Tu le sais ?

A merveille ; et je tiens ces secrets II. ' i5

aa6 LE VfEUX FAT.

De quelqu^un que j'ai mis dans tous vos intérêts. Si je vous répétais ce que m'a dit Sophie !

MERVILLE

La femme de chambre ?

LÀBROSSE.

Oui. J'en ai fait mon amie.

Comme sur sa maitresse elle a de l'ascendant...

MERVILLE

C'est bien fait... c'est agir en parfait confident.

LABROSSE

Vous sentez qu'il m'en a coûté des bagatelles ; Quelques petits cadeaux de rubans, de dentelles...

MERVILLE

Il faut te rembourser.,. Tiens, prends ces dix louis. Est-ce assez ?

LABROSSE

Ah! Monsieur!

MERVILLE

£h! prends donc.

J'obéis.

A propos, je vous puis dire une autre nouvelle Qui vous fera plaisir , je pense.

MERVILLE

Quelle est-elle ?

LABROSSE

L'architecte est parti , sans prendre son congé.

AoIe III, SCÈNE ÏV.

MERYILLE.

Que dis-ttt ?. . . L'architecte ? . . . ^

LÀBROSSE.

Est d'ici dëlogë, On ne sait pas pourquoi.

MERYILLE.

Moi , j'en sais quelque chose :

De ce brusque départ , c'est moi qui sub la cause. De mes intentions je l'avais averti.

Je suis fâché qu'il ait si tàt pris son parti , J'aurais poussé, parbleu! vivement la querelle; J'aurais prouvé par-là mon amoiir à ma belle , Et j'aurais mérité de lui plaire encor plus.

Vous formez là 9 Monsieur, des vœux bien superflus.

MERYILLE.

Il faut me décider , faire une fin... Labrosse , Si je te fais ici bientôt voir une noce ?

LABROSSE

Vous, Monsieur.^

MERYILLE.

Voyons; c'est ton avis que je prends.

Me marierai-je , ou non ?, . . Penses-tu qu'il soit tems ? Parle.

LABROSSE

Il faut réfléchir là-dessus.

MERYILLE.

Moi , j'hésite.

Je puis attendre.

mS le vieux

LABROSSE

Ob! oui. Que sert d'aller si^ite?

MERYILLE.

Ttt penses?

LABROSSE

Comme vous.

D'une autre part , je yoi Qtt^onrisque à trop tarder.

LABROSSE

Oui, Ton risque...

MERYILLE.

Dis-moi Ton avis ?

LABROSSE

Mon avis...

MERYILLE.

C'est?...

LABROSSE

C'est. • • je vous conseille. .

MERYILLE.

J'épouse.

LABROSSE

D'épouser. C'est penser à meryeille.

Votre ayis est le mien ; je le dis bardiment.

MERYILLE.

Je suis bien use, ami, d'ayoir ton sentiment.

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