II
3oG LA COMÉDIENNE.
Les femmes , à présent , ont si peu de raison ! J'ai trompé des maris ; j'ai craint qu^une coquette Ne me Ht du passé trop bien payer la dette :
Vous seule avez fixé mes vœux irrésolus ; Et, si vous consentez, je ne balance plus.
M"« BELVAL
.Vous m'honorez beaucoup par tant de confiance ; Mais c'est aller bien vite , et votre impatience Me surprend à tel point...
M. DE GOUVIGNAC.
Je sais ce que je fais ; Depuis assez long-tems, je crois, je vous connais. Nos jeunes officiers , troupe leste et volage , Echouaient près de vous, perdaient leur étalage ; Par votre air réservé vous les déconcertiez : Toute jeune et charm.ante enfin que vous étiez , Jamais un seul soupçon , jamais la médisance De s'exercer sur vous n'aurait pris la licence. Si quelqu'un eût osé noircir votre vertu , Pour puiiir l'insolent je me serais battu ; Je me battrais encor.
M™« BELVAL
Je vous suis obligée ; Mais de vous exposer je serais affligée. Pour ma vertu , poijir moi , ne vous battez jamais. *
* Voyez la variante (/») à la fia de la pièce.